Category: Économie

Le fossé s’élargit plus vite au Canada qu’aux États- Unis – La Presse Affaires

14 septembre 2011
La Presse
HÉLÈNE BARIL

Le fossé s’élargit plus vite au Canada qu’aux États- Unis

L’écart entre riches et pauvres est en croissance, ce qui ne surprendra peut-être personne. Ce qui est plus surprenant, par contre, c’est que le fossé s’est élargi plus rapidement au Canada qu’aux États-Unis depuis le milieu des années 90.

C’est ce qu’indique le Conference Board dans une étude publiée hier. Le Canada reste un pays plus égalitaire que les États-Unis, explique Anne Golden, présidente et chef de la direction de l’organisme, mais l’écart de revenus entre les plus riches et les plus pauvres s’est accru plus vite au Canada entre 1995 et 2010.

Le fossé entre riches et pauvres peut se creuser parce que les nantis deviennent plus riches, ou que les pauvres s’appauvrissent, ou les deux à la fois. Au Canada, la tranche des 20% les plus favorisés s’est enrichie davantage, précise le Conference Board. Ces 20% de la population accaparent 40% des revenus totaux.

Les plus pauvres se sont aussi enrichis pendant la période, mais très peu, ce qui fait que l’écart s’est agrandi entre les deux.

Le scénario est le même partout dans le monde. En fait, 72% de la population mondiale vit dans des pays où les inégalités de revenus ont crû, 22% a expérimenté une diminution des inégalités, et 7% de la population n’a vécu aucun changement. En général, les pays les plus égalitaires, comme le Canada, mais aussi la Suède, la Finlande et le Danemark, sont aussi ceux où les inégalités ont augmenté le plus rapidement depuis 15 ans.

L’exception du Québec

Le coefficient de Gini, qui est la mesure la plus utilisée pour évaluer les inégalités de revenus, place le Canada au milieu des pays comparables, selon le Conference Boa rd. L’éca r t entre les riches et les pauvres est plus grand au Canada qu’au Danemark, en Norvège, en Suède ou en Finlande. Mais Le Canada est plus égalitaire que les États-Unis, le Royaume-Uni , l ’ I tal ie et l’Australie.

Le Québec est, de toutes les provinces canadiennes, celle où les inégalités de revenus sont les moins prononcées, rappelle l’économiste Pierre Fortin, de l’Université du Québec à Montréal.

Depuis 15 ans, le coefficient qui mesure les inégalités de revenus au Québec a augmenté trois fois moins vite qu’au Canada , a-t-il calculé.

Selon lui, l’augmentation des inégalités au Canada depuis 15 ans s’explique par les politiques des gouvernements de droite en Alberta et en Ontario, de même que par le resserrement des règles de l ’ assurance-chômage. Au Québec, c’est essentiellement les changements à l ’ assurance-chômage qui expl iquent la hausse des inégalités. « Depuis 1997, le coefficient de Gini du Québec est stable » , a-t-il précisé.

L’augmentation des inégalités de revenus s’explique par les forces du marché, et notamment la technologie, qui a créé une grande demande pour la maind’oeuvre spécialisée, par la déréglementation et par la mondial isat ion, selon la recherche citée par le Conference Board.

Pierre Fortin souligne que la mondialisation, en transférant les activités manufacturières vers les pays où la main-d’oeuvre est moins chère, appauvrit la tranche la plus pauvre de la population des pays les plus riches.

Les pays les plus pauvres en profitent. Globalement, l’écart entre les pays riches et les pauvres a diminué depuis 15 ans, en raison de la forte croissance économique de la Chine et de l’Inde. Selon le Conference Board, 42% de la richesse mondiale appartient à 10% de la population du globe, tandis que les plus pauvres, qui comptent pour 10% de la population, ne reçoivent que 1% de la richesse totale.

Pour faire écho à l’étude du Conference Board, des données publiées hier par l’administration américaine indiquent que le taux de pauvreté est à son niveau le plus élevé depuis 17 ans aux États-Unis.

La proportion de personnes pauvres est passée de 14,3% en 2009 à 15,1% en 2010. Ça représente 46,2 millions de personnes.

Le nombre d’américains vivant dans la pauvreté est aussi à un sommet en 52 ans, soit depuis qu’on compile ce genre de statistiques.

Au Canada, les ménages se sont aussi appauvris au deuxième trimestre de 2011, selon Statistique Canada.

La valeur nette des ménages, qui représente la valeur de l’actif diminuée des dettes, a baissé de 0,3 % pendant la pér iode. La baisse des valeurs boursières et l’augmentation de l’endettement expliquent cet appauvrissement.

Au deuxième trimestre, l’endettement des ménages canadiens est passé de 147% de leurs revenus à 149%.

Acheter au Canada coûte cher – La Presse Affaires

12 septembre 2011
La Presse

Acheter au Canada coûte cher

Acheter au Canada signifie payer davantage qu’au sud de la frontière, alors que tout coûte plus cher au pays, qu’il s’agisse de souliers de sport, de patins, de pyjamas ou de collants. Même le huard, plus élevé que le dollar américain, n’a pas permis de surmonter les obstacles que sont les tarifs douaniers et droits sur les importations, qui s’élèvent dans certains cas à 18%, un certain nombre de coûts fixes et, il est vrai, le fait que les détaillants puissent tout simplement se permettre de gonfler leurs prix au Canada. « Les gens qui devraient profiter de la valeur supérieure du dollar canadien sont les consommateurs » , a affirmé Douglas Porter, économiste en chef délégué de BMO Marchés des capitaux, ajoutant cependant qu’ « ils n’ont pas le sentiment que c’est le cas » . Le dollar canadien a dépassé la parité pendant la majeure partie de 2011, ce qui permet de faire des comparaisons de prix qui s’avèrent frustrantes pour les consommateurs, a indiqué M. Porter, qui se penche sur les différences de prix entre le Canada et les États-Unis depuis que le huard s’est envolé, en 2007. Un comité du Sénat doit examiner la question de la différence de prix, un processus qui prendra du temps et qui pourrait durer jusqu’en 2012, donc après la prochaine saison des achats de fin d’année. — La Presse Canadienne

Premier recul depuis la récession – Économie Canadienne -La Presse Affaires

1 septembre 2011
La Presse
RUDY LE COURS

Premier recul depuis la récession

De janvier à juin, l’économie canadienne a crû de 1,6% en rythme annuel, ce qui demeure deux fois mieux que celle des États- Unis qui a pourtant progressé de 1% au printemps.

Retour à la page 1 L’économie canadienne a traversé un passage à vide au printemps, provoqué par la chute des exportations. Mince consolation, elle a retrouvé un peu d’allant en juin, gage d’un avenir plus dynamique.
PHOTOMARTINTREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE La consommation s’est redressée auCanada, passant de – 0,1% à 1,6% pour le trimestre d’avril à juin, lemême rythme que pour les dépenses gouvernementales.

Le produit intérieur brut ( PIB) réel, qui mesure la taille de l’économie exprimée en volumes, s’est contracté de 0,4% d’avril à juin, en rythme annuel. Il s’agit du premier trimestre de décroissance depuis le début du présent cycle économique amorcé durant l’été 2009, a indiqué hier Statistique Canada.

Cette contreperformance est largement due à des facteurs temporaires comme les feux de forêt albertains et les séismes japonais qui ont perturbé les livraisons d’hydrocarbures, de voitures et de pièces vers les États-Unis. Elle contraste avec la robuste expansion de 3,6% ( initialement mesurée à 3,9%) du premier trimestre.

De janvier à juin, l’économie canadienne a crû néanmoins de 1,6% en rythme annuel, ce qui demeure deux fois mieux que celle des États-Unis qui a pourtant progressé de 1% au printemps. Seul le Japon a fait pire que le Canada parmi le G7, d’avril à juin, pour les raisons tragiques que l’on sait.

Ex primé en dollars d’aujourd’hui, le PIB, dit nominal, a plutôt progressé de 2,0%, à la faveur des prix élevés des produits de base. Il a atteint 1700 milliards de dollars et dépasse pour la première fois le sommet d’avant la récession. En un an, sa progression est de 5,6% et sera de nature à rassurer le ministre des Finances Jim Flaherty. Le PIB nominal est la meilleure mesure de l’évolution de l’assiette fiscale.

M. Flaherty a néanmoins choisi de les commenter sur un ton prudent. « L’économie canadienne demeure très fragile, a-t-i l indiqué en visite à l’Université Ryerson. L’économie mondiale a été faible ces derniers mois, et, en tant que nation commerçante, nous devons reconnaître que les perturbations qui surviennent à l’étranger auront inévitablement une incidence sur notre économie. »

Force du huard

Même si les prévisionnistes s’attendaient plutôt à du surplace de notre PIB réel, les données détaillées ne les ont pas déçus. Le dollar canadien s’est même apprécié quelque peu face au billet vert après leur publication.

À lui seul, le commerce extérieur aura retranché 5,7 points de pourcentage au PIB réel à la faveur d’une plongée de 8,3% des volumes d’exportations et d’une poussée de 10,0% des importations, signe évident de la force du huard. « Cela s’est traduit par un recul de 3,5% de la production manufacturière et de 8,8% dans les activités d’extraction minière, gazière et pétrolière en chiffres annualisés » , estiment Krishen Rangasamy et Matthieu Arseneau, de la Banque Nationale.

Si on fait abstraction des exportations nettes et des va r iat ions de stocks , la demande intérieure finale a progressé de 3,0%, soit davantage que l’avancée de 1,8% de janvier à mars.

La consommat ion s’est redressée, passant de – 0,1% à 1,6 %, le même rythme que pour les dépenses gouvernementales. L’apport du logement a certes beaucoup ralenti, mais la résilience des investissements des entreprises est gage de progrès. Ils ont progressé de 15,5%, en hausse de plus de 10% pour un quatrième trimestre d’affilée. Ils ont finalement rejoint leur sommet d’avant récession.

« Le portrait de la demande intérieure suggère que, mis à part les exportations, l’économie reste plutôt en santé, analyse Rudy Narvas, économiste de Société Générale, basé à New York. Dès que les éléments temporaires qui ont entravé la croissance au deuxième trimestre auront disparu, la croissance devrait être décente. »

Dès juin, l’économie redonnait signe de vie. Mesuré par industrie, le PIB réel a progressé de 0,2%, grâce surtout à la poussée des activités d’extraction, de construction et de commerce de détail. En usines, la production a cependant reculé pour un troisième mois d’affilée, comme l’avait présagé le repli des ventes des manufacturiers et des exportations.

Les données trimestrielles montrent aussi une augmentation des stocks de l’ordre de 19,2 milliards, une somme considérable.

Deux conséquences sont possibles. « La production et l’emploi vont en faire les frais au cours des prochains mois, car les entreprises vont chercher à réduire leurs stocks » , s’inquiète Derek Holt, viceprésident de Scotia Capitaux. « Dans une économie ouverte comme celle du Canada, des augmentations de stocks sont souvent associées à des biens importés ( qui ne font pas partie du calcul du PIB), nuance Avery Shenfeld, économiste en chef chez CIBC. Dans ce cas-ci, plus de la moitié de l’accumulation est dans le secteur manufacturier, dont une partie représente sans doute des intrants du secteur automobile. »

Succès et échecs québécois – développement durable 2008-2013

30 août 2011
La Presse
CLAUDE PICHER

Succès et échecs québécois

La brique de 118 pages s’appelle Indicateurs de suivi de la stratégie gouvernementale de développement durable 2008-2013. Elle a été publiée dans l’indifférence générale, vendredi dernier, par le gouvernement du Québec. Avec un titre aussi rébarbatif, pas surprenant qu’elle n’ait pas suscité beaucoup d’intérêt. Je suis tombé dessus par hasard en butinant sur la Toile.

Wow, chers lecteurs, quelle mine de renseignements ! La recherche déborde largement des questions strictement environnementales et brosse un tableau remarquable de points forts et de points faibles qui influencent directement la qualité de vie des Québécois ( 1).

L es auteurs ont retenu près de 70 indicateurs. Retenons-en quelques-uns parmi les plus significatifs. D’abord, les bonnes nouvelles :

> Un marché du travail performant. Il y a 10 ans, le taux d’emploi au Québec ( la proportion des personnes en âge de travailler et qui occupent effectivement un emploi) se situait à 67,4%, assez loin derrière la moyenne canadienne de 70,8%. On considère qu’un taux de 70% indique un marché en bonne santé. En 2010, le Québec affichait un taux d’emploi de 71,1 %, chiffre qui soutient très bien la comparaison avec la moyenne canadienne de 71,5 %. L’amélioration est manifeste.

> Un bilan environnemental enviable. Entre 1999 et 2008, la consommation de produits pétroliers est passée de 14,6 à 15,5 millions de tonnes équivalent-pétrole, une hausse de 6%. C’est très raisonnable quand on sait que, pendant la même période, le parc automobile du Québec a augmenté de plus de 50%. Le pétrole brut est le premier produit d’importation du Québec. Tout ralentissement de la consommation contribue à freiner la détérioration de la balance commerciale. Ce n’est pas tout. Entre 1996 et 2008, le taux de récupération des matières résiduelles a bondi de 40 à 57%. En 10 ans, la production d’énergie éolienne a été multipliée par sept, passant de 121 à 810 kilowatts/ heure. Toujours depuis 10 ans, la clientèle du transport en commun est en hausse de 13%; en 2009, les réseaux québécois ont transporté 555 millions de passagers ; le gouvernement s’est fixé un objectif de 566 millions de passagers en 2011. Au rythme où les choses évoluent, tout indique que cet objectif sera dépassé.

> Les investissements en recherche et développement. Les crédits versés en aide à la recherche scientifique et au développement technologique sont passés en 10 ans de 385 à 497 millions de dollars ; les crédits à l’innovation, de 49 à 94 millions. Suite page 28

Le revenu disponible par habitant. Lentement mais sûrement, le Québec est en train de diminuer l’écart qui le sépare de la moyenne canadienne. En 2000, le revenu du Québécois était inférieur de 11% à la moyenne canadienne. En 2009, l ’ écar t n’était plus que de 9%. Les Québécois sont encore moins riches que les autres Canadiens, mais leur situation relative s’améliore.

S’il faut se réjouir de ces succès, il y a lieu de s’inquiéter ailleurs. Voici quelques point s pa r t icul ièrement préoccupants :

> La faiblesse des gains de productivité. C’est un problème chronique de l’économie québécoise. En 2001, le Québec accusait à ce chapitre un retard de 4,6% sur la moyenne canadienne. En 2010, le retard s’est encore creusé, à 4,8%. Ces quelques points de pourcentage peuvent sembler insignifiants, mais il faut savoir que si le Québec parvenait seulement à combler cet écart, nous serions collectivement plus riches de 15 milliards. La faible productivité est due en partie à un autre maillon faible de l’économie québécoise : le déclin des investissements manufacturiers en outillage et équipement. De 4,2 milliards en 2003, ces investissements sont tombés à 2,5 milliards en 2010, une véritable catastrophe. On prévoit une amélioration sensible cette année, avec 3,3 milliards, mais on est encore très loin du compte.

> Le rendement du système de santé. Les auteurs utilisent le concept de « besoins de santé non comblés » . Ce concept correspond à la différence entre les services de santé jugés nécessaires et les services effectivement reçus. En 2000, 14% des besoins n’étaient pas comblés chez les hommes, 11% chez les femmes. En 2005, dernière année pour laquelle on dispose de chiffres sur le sujet, on observe exactement les mêmes résultats. Il serait hautement surprenant que la situation se soit améliorée depuis 2005. Autrement dit, le système a beau engloutir les milliards et les milliards, il est systématiquement incapable de combler les besoins.

> Les migrations démographiques. Grâce surtout à l’immigration internationale, le Québec réussit à maintenir sa croissance démographique. Faible, certes, mais croissance tout de même. En revanche, la société québécoise pâtit de deux autres graves problèmes : le dépeuplement des régions et l’effet trou de beigne à Montréal. Depuis 2001, les régions périphériques, déjà faiblement peuplées, ont perdu 50 000 citoyens au profit des régions centrales. Montréal a perdu de son côté 200 000 citoyens au profit de la banlieue. ( 1) On peut télécharger gratuitement le document à partir de la page d’accueil de l’institut de la statistique du Québec : www.stat.gouv.qc.ca

Recul des exportations québécoises en mai – La Presse Affaires

28 juillet 2011
La Presse
LA PRESSE CANADIENNE

Recul des exportations québécoises en mai

QUÉBEC — Les exportations internationales de marchandises du Québec ont diminué de 1,2% au mois de mai, selon les données révélées hier par l’Institut de la statistique du Québec.

Les exportations du Québec vers les États-Unis ont progressé de 1,7% en mai alors que celles vers l’Europe ont diminué de 1,2%. Celles vers l’Asie ont quant à elles augmenté de 12% au cours du cinquième mois de l’année.

Le volume cumulatif des exportations a ainsi enregistré une valeur inférieure de 0,8% par rapport à 2010.

Au Canada, les exportations pour le mois de mai ont connu une augmentation de 3,3% alors que leur volume cumulatif était en hausse de 4,2% par rapport à l’année précédente.

Les exportations du Québec vers les États-Unis ont progressé de 1,7% en mai alors que celles vers l’Europe ont diminué de 1,2%. Celles vers l’Asie ont quant à elles augmenté de 12% au cours du cinquième mois de l’année.

Par ailleurs, les importations internationales de marchandises du Québec ont connu une hausse de 2,9% en mai alors qu’au Canada, elles ont baissé de 1,3%.

L eur volume cumulé était supérieur de 5,9% à celui enregistré à la même période en 2010. Au Canada, elles étaient supérieures de 11,9%.

Les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 11,4% en mai, alors que celles en provenance d’Europe ont connu un bond de 20% pendant le même mois.

Les importations en provenance d’Asie ont quant à elles progressé de 5,4% en mai.

Les chiffres des exportations et des importations sont désaisonnalisés et en dollars constants, aux prix de 2002.

Accélération en vue La Banque du Canada plus optimiste pour l’économie La Presse Affaires

21 juillet 2011
La Presse
RUDY LE COURS

Accélération en vue
La Banque du Canada plus optimiste pour l’économie

En avril, la Banque tablait sur un ralentissement de la consommation, mais elle se ravise en précisant que le revenu estimé des ménages avait été sous- estimé.

L’expansion canadienne amorce une accélération qui portera son rythme à près de 3% au cours des 12 prochains mois, prévoit la Banque du Canada.

Après un printemps anémique où la croissance aurait été contenue à 1,5% seulement, selon l’estimation des autorités monétaires, l’économie canadienne devrait progresser à 2,8% cet été et 2,9% au cours de l’automne et de l’hiver avant de ralentir doucement à 2,5% au cours des six mois suivants.

Dans son nouveau scénario contenu dans le Rapport sur la politique monétaire ( RPM) publié hier, la Banque estime que les investissements des entreprises et la consommation seront les moteurs de l’économie. En avril, la Banque tablait sur un ralentissement de la consommation, mais elle se ravise en précisant que le revenu estimé des ménages avait été sous-estimé. Si ralentissement il y a, il surviendra à partir d’un sommet plus élevé, contribuant du coup à l’essor.

En revanche, le commerce extérieur freinera la croissance plus longtemps en raison de la croissance beaucoup plus faible qu’escompté de l’économie américaine. La Banque la ramène de 3,0% à 2,4%, soit quatre dixièmes de moins que la canadienne.

La force du dollar canadien nuit en out re aux exportateurs, surtout les fabricants qui ne profitent pas de l’appréciation des produits de base. Le huard devrait s’échanger contre 103 cents US en moyenne durant la période de projection du RPM qui s’étend jusqu’en 2013.

Une monnaie forte agit en revanche comme un tampon sur les pressions inflationnistes exercées par les prix plus élevés des biens importés.

L’inflation, qui a pris de l’élan durant le printemps sous la poussée des prix de l’énergie et des denrées, devrait décélérer dès ce mois-ci. L’effet de l’entrée en vigueur de la taxe de vente harmonisée en Ontario et en ColombieBritannique le 1er juillet 2010 aura disparu dans le calcul de la progression annuelle de l’ Indice des prix à la consommation ( IPC). Son augmentation annuel le devrait passer de 3,4 % en moyenne au deuxième trimestre à 2,8% au cours du présent.

L’inflation de base aura atteint le rythme de 2% dès cette année, soit bien avant le retour de l’économie à son plein potentiel, prévu au printemps.

Retour à la page 1 Au printemps prochain, l’inflation devrait retrouver sa cible de 2%.

Entre-temps, l’inflation de base ( qui exclut les éléments les plus volatils de l’inflation totale comme l’essence ou les fruits et les légumes) aura atteint le rythme de 2% dès cette année, soit bien avant le retour de l’économie à son plein potentiel, prévu au printemps.

« La projection de la Banque intègre une réduction de la détente monétaire se réalisant au cours de la période de projection » , précise-t-ondans leRPM.

On y plaide cependant que le taux directeur doit tenir compte de vents adverses susceptibles de freiner la croissance comme la faiblesse marquée des exportations. « Il est ainsi possible que le taux directeur ne retrouve son niveau de long terme qu’après le moment où devraient s’effectuer le retour de l’inflation à la cible de 2% et celui de la production à son potentiel. »

De 1992 à 2007, soit durant les 15 ans qui ont précédé l’accommodement monétaire historique encore largement en place, le taux directeur moyen s’élevait à 4,15%, selon les calculs de BMO Marchés des capitaux. Il faudrait désormais viser 3,5% environ, estime BMO, étant donné le plus faible potentiel de croissance et de l’écart accru entre le taux directeur et le taux préférentiel des banques. Cet écart est de 200 centièmes, soit 25 de plus qu’avant la crise financière.

« Étant donné le resserrement causé par les restrictions fiscales aux États-Unis [ et au Canada] et de l’effet de la force du huard dans un avenir prévisible, la Banque ne sentira pas de sitôt l’urgence de rétablir son taux à un niveau neutre » , estime Douglas Porter, économiste en chef délégué chez BMO.

Cela n’écarte pas une réduction prochaine de la détente monétaire, mais le taux directeur restera peu élevé longtemps encore.

Les entreprises en mode embauche – La Presse Affaires

12 juillet 2011
La Presse
CRAIG WONG
LA PRESSE CANADIENNE

Les entreprises en mode embauche

OTTAWA — Les entreprises canadiennes ont l’intention d’accroître les embauches au cours de la prochaine année, selon une étude de la Banque du Canada qui constate de l’optimisme dans les entreprises au pays.

« Le solde des opinions au sujet de l’emploi s’est hissé à un niveau record » , a écrit la Banque dans son Enquête sur les perspectives des entreprises de l’été 2011, publiée hier. « La volonté de grossir les effectifs au cours des 12 prochains mois est manifeste dans toutes les régions et dans tous les secteurs, dont celui des services, où l’augmentation est appréciable. »

La banque centrale a dit que 57% des firmes sondées comptaient engager du personnel au cours de la prochaine année, par opposition à seulement 4% des entreprises qui s’attendaient à avoirmoins d’employés dans la même période.

Vendredi , dans un rapport sur l’emploi au Canada plus favorable que prévu, Statistique Canada a rapporté un gain net de 28 000 emplois en juin, le troisième mois positif de suite. Ce résultat contrastait fortement avec un gain décevant de seulement 18 000 emplois aux ÉtatsUnis. L’enquête de la Banque du Canada a eu lieu entre le 24 mai et le 16 juin.

MichaelGregory, économiste en chef chez BMO Marché des capitaux, fait néanmoins remarquer que les entreprises ne sont peut-être plus aussi optimistes aujourd’hui que lors de l’enquête, étant donné les bouleversements actuels de l ’ économie mondiale. « Mais même si les attentes des entreprises se sont quelque peu assombries, elles ont eu comme point de départ une position de force relative, absolue et surprenante » , a écrit Gregory dans une note à ses clients. « L’enquête dit à la Banque du Canada que sa politique monétaire très conciliante est efficace pour stimuler l’économie, diminuer l’écart de production et pousser l’inflation sous-jacente vers les objectifs. »

Le rapport note également que 25 % des entreprises ont de la difficulté à trouver des employés et répondent difficilement à la demande. Cependant, la Banque a noté que la proportion de firmes qui font face à une pénurie de main-d’oeuvre était audessous de la moyenne de l’enquête.

L’enquête de la banque centrale a aussi révélé que les entreprises ont observé une augmentation de la croissance des ventes au cours de la dernière année et qu’elles s’attendent à ce que celles-ci croissent encore plus vite au cours de la prochaine année.

La forte demande pour les matières premières porte les entreprises de l’Ouest canadien à penser que la croissance des ventes s’accélérera au cours de la prochaine année, tandis que celles du reste du Canada prévoient une croissance stable, selon la Banque du Canada.

« Les firmes du centre et de l’est du Canada estiment en général que les ventes progresseront à une cadence comparable à celle des 12 derniers mois, en raison du contexte économique caractérisé par une atonie persistante de la demande aux États-Unis, une vive concurrence et un dollar canadien vigoureux » , peut-on lire dans L’enquête sur les perspectives des entreprises. « Néanmoins, un certain nombre de répondants ont dit s’attendre à tirer profit de mesures prises récemment pour réorienter leurs activités ou diversifier leurs marchés. »

Les perspectives d’emploi seront bonnes au Canada, selon Manpower – La Presse Affaires

15 juin 2011
La Presse
LA PRESSE CANADIENNE

Les perspectives d’emploi seront bonnes au Canada, selon Manpower

TORONTO — Plus du quart des employeurs canadiens prévoient recruter du personnel au troisième trimestre, selon l’enquête Manpower sur les perspectives d’emploi.

D’après la firme, cela correspond à un climat de recrutement « soutenu » .

La prévision nette d’emploi pour le pays s’établit à 16%, ce qui est un peu mieux qu’au deuxième trimestre. C’est par ailleurs six points de plus que l’année dernière à pareille date.

Encore une fois, c’est dans le secteur minier que les perspectives d’emploi semblent les meilleures pour l’été. La prévision nette d’emploi pour ce secteur s’établit en effet à 24%, une fois les variations saisonnières éliminées.

La situation devrait toutefois être « positive » dans presque tous les domaines, incluant celui des transports et des services publics ainsi que celui de l’administration publique.

Sel on Manpower, les employeurs de l’Ouest et des provinces de l’Atlantique sont les plus optimistes pour les mois à venir avec des prévisions nettes de 19 et 17%, respectivement.

Au Québec, prévision nette est de 13% et en Ontario, de 12%.

L’enquête de Manpower repose sur les réponses fournies par 1900 employeurs canadiens. À l’échelle mondiale, l’enquête s’appuie sur plus de 63 000 entretiens auprès d’employeurs dans 39 pays.

Net repli de la production en usine – La Presse Affaires

* 15 avril 2011
* La Presse
* RUDY LE COURS

Net repli de la production en usine

Le segment automobile recule de 10,9%, après une poussée spectaculaire en janvier qui coïncidait avec la reprise de production dans certaines usines fermées en décembre, celui de l’aéronautique de 11,3%.

Après un bond spectaculaire en janvier, la valeur et les volumes des l ivra isons manufacturières ont battu en retraite en février tandis que les effets de force du huard se font encore à peine sentir.

En valeur, les ventes des fabricants ont reculé de 1,5%; en volume, de 2,3%, indiquait hier Statistique Canada. En janvier, elles avaient bondi respectivement de 4,4% et de 5,4%.

Le matériel de transport automobile et aéronautique est le grand responsable de ces fluctuations, même si la grande majorité des segments ont reculé ou fait du surplace en février.

Le segment automobile recule de 10,9 %, après une poussée spectaculaire en janvier qui coïncidait avec la reprise de production dans certaines usines fermées en décembre, celui de l’aéronautique de 11,3%. Dans le cas du second, l’activité enregistre un repli de 5,1% depuis un an alors que l’auto dans son ensemble progresse de plus de 3,5%.

La faiblesse de février pourrait durer quelques mois encore, compte tenu des ruptures de chaînes d’approvisionnement de plusieurs usines alimentées par le Japon. Ainsi, comme le rapportait la Banque du Canada mercredi, Honda a annoncé le 30 mars qu’elle ferait passer sa production quotidienne au Canada de quelque 700 véhicules à 300 véhicules pour s’adapter à la pénurie de pièces.

La valeur des commandes en carnet a quand même augmenté de 0,4% au cours du mois. « Abstraction faite des produits aérospatiaux (-0,8%), les commandes en carnet auraient progressé de 1,2% » , remarque Marc Pinsonneault, économiste principal à la Banque Nationale.

À l ’ échelle provinciale, le Québec, où est concentré le segment aéronautique, a écopé davantage que l’Ontario, qui abrite l’industrie automobile. La valeur des ventes des fabricants québécois a reculé de 2,5%, comparativement à 1,6% pour celle des ontariens.

Étant donné la volatilité des données, le cumul des ventes des deux premiers mois de l’année donne un meilleur aperçu de l’apport qu’aura eu le secteur manufacturier à la croissance du premier trimestre. « Les pertes subies en février n’effacent qu’une partie du terrain gagné le mois précédent, note Benoit P. Durocher, économiste principal chez Desjardins. À ce jour, un gain de 4,0% est donc observé au premier trimestre de 2011, ce qui constitue une nette accélération par rapport la hausse de 2,3% du trimestre précédent. » Suite page 50

Bien malin celui qui sera capable de prévoir si cette tendance pourra être maintenue, compte tenu du net ralentissement que connaît l’économie américaine depuis le début de l’année. Certains prévisionnistes estiment sa croissance à moins de 2% entre janvier et mars, alors que la Banque du Canada estime la nôtre à au-delà de 4%.

Le segment automobile recule de 10,9% en février au Canada, après une poussée spectaculaire en janvier qui coïncidait avec la reprise de production dans certaines usines fermées en décembre.

Certains segments, comme la première transformation des métaux qui a continué de croître en février, vont encore profiter de l’expansion des économies émergentes.

D’autres, comme le papier ou le bois, sont davantage tributaires de l ’ économie américaine ou de la force relative de notre monnaie. « Le dollar canadien, qui s’est apprécié de 3,5% jusqu’ici en 2011, va continuer de freiner la demande de biens canadiens » , signale Diana Petramala, économiste chez TD.

La difficulté, c’est d’évaluer le décalage entre son appréciation et ses effets néfastes sur les ventes à l’étranger.

La solut ion passe pa r des gains de productivité. Contrairement à une idée très répandue, il n’existe pas de liens directs entre une monnaie forte et des gains de productivité attribuables à des achats de machines et d’équipements à meilleur prix, a constaté Douglas Porter, économiste en chef délégué chez BMO Marchés des capitaux. « Nous soupçonnons plutôt que le boom des prix des biens de base dope le dollar canadien tout en entravant la productivité de diverses façons notamment en étouffant la fabrication. »

Une étude récente du Conference Board entérine indirectement cette observation. Son auteur, Louis Thériault, conclut que c’est avant tout l’investissement direct étranger ( IDE) qui assure les meilleurs gains de productivité en apportant de la nouvelle technologie et de l’innovation.

À l’échelle internationale, le Canada attire encore une plus grande part des IDE que son poids dans l’économie mondiale, mais il perd du galon. Il était deuxième sur 17 pays observés par M. Thériault en 1980. En 2009, il a glissé au 10e rang.

Pourtant, le Canada attire de plus en plus d’investisseurs qui privilégient toutefois des achats d’actions et d’obligations à l’investissement direct.

Croissance économique plus forte que prévu au Canada – La Presse

Croissance économique plus forte que prévu au Canada

Publié le 28 février 2011 à 08h41 | Mis à jour à 09h47

L'augmentation de la demande d'exportations a été principalement... (PHOTO J.P. MOCZULSKI, ARCHIVES REUTERS)

PHOTO J.P. MOCZULSKI, ARCHIVES REUTERS

L’augmentation de la demande d’exportations a été principalement à l’origine de la croissance du PIB du Canada au quatrième trimestre.

    Agence France-Presse
    Montréal

L’économie canadienne a connu une nette accélération de la croissance au quatrième trimestre, le produit intérieur brut augmentant de 3,3% en rythme annuel, surtout grâce aux exportations de pétrole, a annoncé lundi Statistique Canada.

Ce chiffre est supérieur aux prévisions des analystes qui tablaient sur une croissance de 3%.

La croissance du troisième trimestre a été révisée à la hausse, à 1,8% contre 1,0% estimé en novembre, a précisé Statistique Canada.

En comparaison, le PIB réel des États-Unis a affiché une hausse de 2,8% au quatrième trimestre.

Sur l’ensemble de l’année 2010, le PIB réel du Canada a progressé de 3,1%, après avoir reculé de 2,5% en 2009.

La progression des exportations (4,0% au quatrième trimestre), et notamment de celles de produits énergétiques (+17%, alors que les ventes de pétrole à l’étranger ont crû de 30% en volume), a été l’une des principales sources de l’accélération de la croissance en fin d’année. La balance commerciale avait affiché un excédent en décembre pour la première fois depuis dix mois.

La croissance du volume des importations a en revanche ralenti, à 0,1%, le taux le plus faible en six trimestres. Celles d’automobiles et pièces détachées ont ainsi baissé de 5,2%.

La demande intérieure finale s’est accrue à la suite de l’augmentation de 1,2% des dépenses des consommateurs, indique par ailleurs Statistique Canada. En particulier, les achats de biens durables ont progressé de 2,9%, après 0,6% au troisième trimestre.

Les entreprises ont réduit la valeur de leurs stocks au quatrième trimestre, après d’importantes accumulations aux deux trimestres précédents. Leurs investissements en usines et en matériel ont augmenté pour le quatrième trimestre d’affilée, tandis que l’investissement dans le logement est resté en baisse.

La bonne performance de l’économie dépasse les prévisions données en janvier par le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui tablait sur une croissance de 2,3%, tout en laissant entendre qu’elle pourrait être plus forte.

Pour l’ensemble de l’année 2010, M. Carney avait prédit une croissance de 2,9%. Il compte sur 2,4% en 2011, dont 2,5% au premier trimestre, et sur 2,8% en 2012.

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