Category: Environnement

Marché du carbone – Québec renonce aux réductions avant 2013 – La Presse

6 juillet 2011
La Presse
PHILIPPE MERCURE

Québec renonce aux réductions avant 2013

Le Québec suit ainsi la Californie, qui a annoncé la semaine dernière un délai d’un an dans l’imposition de cibles contraignantes à ses entreprises.

Prévue pour janvier prochain, la véritable mise en place d’un marché du carbone au Québec sera reportée d’un an. La Presse Affaires a appris que le gouvernement Charest annoncera aujourd’hui qu’il renonce à imposer des cibles de réduction de gaz à effet de serre aux entreprises avant 2013.

Le Québec suit ainsi la Californie, qui a annoncé la semaine dernière undélaid’un an dans l’imposition de cibles contraignantes à ses entreprises. Le Québec et la Californie font partie des États qui participeront à la Western Climate Initiative ( WCI), un système de plafonds et d’échanges de crédits de carbone entre des provinces canadiennes et des États américains.

Selon ce qu’a appris La Presse Affaires, le Québec maintiendra toutefois son entrée officielle dans la WCI dès janvier 2102, même si les cibles contraignantes n’arriveront qu’un an plus tard. En clair, cela signifie que les entreprises devraient connaître leurs obligations de réduction dès cette année et pourront commencer à échanger des droits d’émission l’an prochain. Personne ne viendra cependant taper sur les doigts des entrepreneurs qui polluent trop avant 2013.

L’annonce sera faite aujourd’hui par le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, et du ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Clément Gignac.

Ces retards dans l’application de la réglementation découlent de problèmes politiques et juridiques dans plusieurs des gouvernements participant à la WCI, dont la Californie, de loin la plus grosse économie du groupe.

En mars, une Cour de San Francisco a obligé la California Air Resources Board à retourner faire ses devoirs et à démontrer qu’un système de plafonds et d’échanges est vraiment la meilleure solution pour réduire les émissions de GES. Notons qu’aux ÉtatsUnis, plusieurs républicains opposés au projet font des pressions pour l’enrayer.

Il y a deux semaines, une décision en appel a toutefois autorisé les autorités californiennes à poursuivre leur travail, mais le processus judiciaire avait déjà engendré des retards trop importants.

La gouverneure de la Californie, Mary D. Nichols, a invoqué la semaine dernière « le besoin que tous les éléments nécessaires soient en place et pleinement fonctionnels » pour annoncer le retard. Les groupes environnementaux avaient en général bien accueilli la nouvelle, rassurés par le fait que les cibles de réduction demeurent les mêmes.

Au départ, la WCI devait être lancée en 2012 par le Québec, la Californie, l’Ontario, la Colombie-Britannique et le Nouveau-Mexique. Le Manitoba et cinq autres États américains devaient s’y joindre plus tard.

Or, l’Ontario, la ColombieBritannique et le NouveauMexique avaient déjà annoncé des retards dans leur participation, si bien que le Québec semblait fin seul à pouvoir se présenter à la ligne de départ le 1er janvier prochain. Le gouvernement Charest, de toute évidence, a préféré calquer son échéancier sur celui de la Californie.

La construction de l’écocentre de Granby commence – La Voix de l’Est

Publié le 15 février 2011 à 08h44 | Mis à jour à 08h44

La construction de l’écocentre de Granby commence

Isabel Authier Isabel Authier
La Voix de l’Est

(GRANBY) Le coup d’envoi officiel de la construction du futur écocentre de Granby a été donné hier matin. Le site du 1080 André-Liné, dans le parc industriel, sera en chantier pour au moins trois mois.

L’immense terrain de 42 590 mètres carrés sera aménagé sur une superficie de 23 890 mètres carrés par l’entreprise granbyenne Allaire et Gince, tandis que les bâtiments seront construits par la firme Choinière et frères de Dunham.

Le site comprendra deux niveaux: un supérieur où seront érigés le bâtiment d’accueil, le bâtiment secondaire et la remise pour les résidus domestiques dangereux, et un niveau inférieur où seront installés des porte-conteneurs. Les deux niveaux seront délimités par un mur de 11 débarcadères.

Grâce aux deux écocentres qui verront le jour sur le territoire de la Haute-Yamaska un à Granby et un autre à Waterloo , les citoyens pourront disposer eux-mêmes de leurs matières résiduelles en allant les déposer directement sur place. Les matières ciblées seront celles qui ne sont pas acceptées lors des collectes de porte-à-porte, par exemple les résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD), la terre, le métal, les sapins de Noël naturels, les pneus et les vêtements.

Les détails dans l’édition de mardi

Des géants rachètent les parcs éoliens du Québec – La Presse Affaires

* 15 février 2011
* La Presse
* HÉLÈNE BARIL

Des géants rachètent les parcs éoliens du Québec

Malgré les apparences, les entreprises Florida Light& Power et Électricité de France ont des intérêts communs. Elles sont récemment devenues les uniques actionnaires de plusieurs parcs éoliens sous contrats avec Hydro-Québec.

Sans tambour ni trompette, Florida Light & Power vient d’acquérir de Northland Power le projet éolien de Mont Miller, près de Murdochville, qui fournira de l’électricité à HydroQuébec jusqu’en 2026.

L’entreprise américaine, par sa filiale NextEra Energy Resources, était déjà propriétaire du projet voisin de Mont Copper, acquis en 2004 et bénéficiant aussi d’un contrat à long terme avec Hydro.

Dans une transaction annoncée la semaine dernière, Électricité de France a racheté la part de son partenaire britannique RES Canada dans Saint-Laurent Énergies, qui pilote sept projets éoliens retenus par Hydro-Québec lors de son deuxième appel d’offres en 2008. Saint-Laurent Énergies avait obtenu la part du lion de cet appel d’offres, soit 1003,2 mégawatts sur le total de 2000. Le seul partenaire québécois de Saint-Laurent Énergies, Hydroméga, avait revendu sa participation minoritaire à ses deux plus gros partenaires l’an dernier. Électricité de France est donc devenue seul maître à bord en rachetant RES Canada. Combien vaut un parc éolien assorti d’un contrat d’achat d’électricité de plus de 20 ans avec Hydro-Québec? Les termes financiers de ces transactions n’ont pas été rendus publics, parce que les entreprises en cause sont privées.

Des géants rachètent les parcs éoliens du Québec

« Comme c’était le cas avant la nationalisation de l’électricité, on laisse partir les profits de l’industrie à l’étranger. » — Sylvain Gaudreault, député du Parti québécois de Jonquière

Ces transactions soulèvent d’autres questions, selon le député du Parti québécois de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Il se demande pourquoi le vent québécois intéresse Florida Light & Power et Électricité de France, mais pas Hydro-Québec, qui a laissé l’exploitation de cette industrie au privé.

« Comme c ’ était le cas avant la nationalisation de l’électricité, on laisse partir les profits de l’industrie à l’étranger » , déplore-t-il. Selon lui, le Québec ne retirera pas grand-chose du développement éolien puisque les fabricants de turbines sont tous étrangers.

Le député estime qu’Hydro-Québec, qui doit donner son accord lorsqu’un parc éolien change de propr iétai res, devrait exiger que tous les parcs éoliens soient détenus au moins en partie par des intérêts québécois, pour qu’au moins une partie des profits de la production d’énergie reste au Québec.

Hydro-Québec, de son côté, a déjà donné sa bénédiction aux changements survenus dans la structure de propriété des parcs éoliens.

Selon son porte-parole, Guy Litalien, la société ne s’intéresse pas à la nationalité des actionnaires des parcs éoliens, mais uniquement à leur capacité de respecter les termes du contrat acceptés par leurs anciens propriétaires. « Ce qu’on recherche, c ’ est les électrons » , a-t-il résumé. Hydro exige toutefois que les entreprises qui développent les parcs éoliens aient un établissement au Québec.

Depuis le début du développement éolien, six transact ions concernant onze parcs éoliens ont été signalées à Hydro-Québec.

Avec l’appeld’offres adressé spécialement aux communautés régionales et autochtones, Hydro-Québec a mis fin à son programme d’achat d’énergie éolienne. Aucun autre appel d’offres n’est envisagé pour le moment.

Selon Sylvain Gaudreault, il n’est pas trop tard pour repenser le rôle d’Hydro-Québec pour le développement éolien à venir dans le Nord du Québec.

« Le Plan Nord prévoit un énorme potentiel éolien, de l’ordre de 4 millions de mégawatts. On veut faire quoi avec notre énergie, il faut se poser la question » , estime-t-il.

Un frein à l’émergence d’énergies renouvelables ? – La Presse Affaires

* 27 janvier 2011
* La Presse
* CHARLES CÔTÉ

Un frein à l’émergence d’énergies renouvelables
Un expert de l’Agence internationale de l’énergie émet des inquiétudes

« Il y aura de vifs débats entre les ministres responsables de l’énergie, du climat et des finances partout dans lemonde à savoir si on devrait continuer de subventionner les énergies renouvelables. » — Fatih Birol

Avec son bas prix, le gaz de schiste retarde l’émergence d’énergies réellement propres et nuit à la lutte contre les changements climatiques.

PHOTOFRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Selon Fatih Birol, économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie, le boum du gaz de schiste a déjà causé une baisse de 50% des investissements dans les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien aux États-Unis.

C’est l’avis de l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie ( AIE), Fatih Birol, dont les propos ont été relayés par plusieurs médias internationaux et spécialisés.

L’argument n’est pas nouveau, il revient souvent dans la bouche d’écologistes, mais venant de l’AIE, il est dévastateur pour l’industrie gazière, qui se vante d’être verte.

Lors d’une conférence à Londres il y a quelques jours, M. Birol a affirmé qu’il sera « virtuellement impossible » de contenir les émissions mondiales de gaz à effet de serre ( GES) en deçà du niveau qui provoquerait des changements climatiques dangereux.

En plus d’un manque de volonté politique pour limiter les émissions de carbone, M. Birol dit que l’apparition du gaz de schiste a provoqué une « révolution mondiale des sources non conventionnelles de gaz » et menace de freiner l’investissement dans les projets d’énergie renouvelable sur la planète.

« Il y aura de vifs débats entre les ministres responsables de l’énergie, du climat et des finances partout dans le monde à savoir si on devrait continuer de subventionner les énergies renouvelables, alors que la situation du gaz a changé de façon si radicale » , a dit M. Birol.

Selon lui, le boum du gaz de schiste a déjà causé une baisse de 50% des investissements dans les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien aux États-Unis.

Selon Stéphane Gosselin, de l’Association pétrolière et gazière du Québec ( APGQ), cette question ne devrait pas influencer la décision d’exploiter le gaz de schiste québécois.

« Au Québec, on consomme déjà pour 2 milliards de gaz par année, dit-il. Dans bien des procédés, on ne peut pas le remplacer par de l’électricité. La question demeure: est-ce qu’on veut profiter des retombées? Je peux comprendre qu’on se pose des questions dans un contexte global. Mais au Québec, le lien est moins évident. Le but n’est pas de consommer 10 fois plus de gaz au Québec, mais de remplacer celui qu’on consomme déjà. »

Pour Patrick Bonin, coordonnateur climat et énergie à l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique ( AQLPA), cela montre à quel point il ne faut pas se précipiter dans l’aventure gazière avant d’en avoir évalué toutes les conséquences.

« M. Birol nous dit que les gaz de schiste sont en train de tuer les énergies renouvelables, que ce soit l’hydroélectrique, l’éolien ou le solaire. C’est comme un pusher qui introduit une nouvelle drogue sur le marché alors que les gens essaient de se sevrer. »

Steven Guilbeault, d’Équiterre, tente quant à lui de remettre en perspective la déclaration deM. Birol. « Il connaît çamieux que moi, alors s’il pense que ça nuit aux énergies renouvelables, c’est inquiétant, dit-il. Mais c’est difficile de savoir ce qui se passe avec les énergies renouvelables, avec le contexte économique. »

Le bilan américain s’alourdit

L’avantage du gaz sur le charbon s’amenuise encore plus avec un nouveau rapport de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis ( EPA).

L’agence a revu la façon dont elle calcule les fuites des puits de gaz de schiste aux ÉtatsUnis.

Dans un document technique daté de novembre 2010, la nouvelle méthode de calcul impute des émissions de gaz à effet de serre ( GES) 3500 plus élevées pour les opérations de fracturation des puits.

Pour la forme, l’Agence a refait ses calculs pour l’année 2006. Résultat: les émissions liées à tout le secteur de la production pétrolière et gazière doublent avec le nouveau calcul, passant de 90 à 198 millions de tonnes.

C’est l’équivalent d’ajouter la pollution de tout le Québec au bilan de l’industrie.

Du coup, l’avantage du gaz sur le charbon est moins grand. Selon un calcul du groupe de journal isme d’enquête ProPublica, cet avantage serait diminué de moitié.

Le gaz demeure cependant moins polluant que le charbon du point de vue du smog, des pluies acides et d’autres produits nocifs comme lemercure.

Mais selon Patrick Bonin, l’EPA sert un « sérieux avertissement » avec sa réévaluation. « Il y a certainement des gouvernements qui vont cesser de favoriser le gaz » , dit-il.

Des camions qui carburent aux ordures – La Presse Affaires

* 22 décembre 2010
* La Presse
* PHILIPPE MERCURE

Des camions qui carburent aux ordures

Faire rouler des camions qui collectent les ordures… avec des ordures. C’est l’idée d’EBI-Environnement, qui utilisera les gaz s’échappant des sites d’enfouissement pour propulser sa flotte de camions de déchets.


PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Bientôt, des camions de collecte d’ordures pourront rouler grâce aux… déchets. EBI-Environnement remplacera ses 189 camions par de nouveaux véhicules fonctionnant au gaz naturel.

L’entreprise de Berthier remplacera graduellement ses 189 camions de collecte résiduelle par des véhicules capables de fonctionner au gaz naturel – un gaz naturel qu’elle produit elle-même depuis 2004 en récoltant les biogaz s’échappant d’un site d’enfouissement.

« On vient boucler la boucle » , rigole Den i s Boivin, responsable des communications chez EBIEnvironnement.

Une bonne partie du parc de camions d’EBI arrivait à la fin de sa vie utile. Plutôt que de les remplacer par des véhicules équivalents, l’entreprise a décidé d’en commander de nouveaux à Labrie Groupe Environnemental , un fabricant québécois de camions de déchets et de recyclage.

Ces nouveaux modèles fonctionnant au gaz naturel coûteront 20 000$ de plus chacun qu’un camion conventionnel. Considérant que certains camions seront remplacés plus rapidement que prévu, EBI évalue que sa conversion devrait coûter entre 3 et 5 millions par année pendant trois ans.

M ais l’entreprise épargnera ensuite sur le coût du carburant. Le diesel lui coûte actuel lement environ un dollar le litre, alors qu’elle produit son gaz naturel pour 47 cents.

Ga z Métro Solut ions Transpor t , filiale de Gaz Métro, installera des installations de ravitaillement en gaz naturel dans les municipalités desservies par EBI.

EBI a aussi confié à une firme spécialisée le soin de voir s’il pourrait être rentable d’enregistrer les crédits de carbone générés par le changement de combustible.

L’entreprise affirme que son projet lui donnera le titre de première entreprise carboneutre de son secteur au Canada. EBI voit aussi son projet comme une vitrine lui permettant de montrer les débouchés de son gaz naturel propre.

« On a déjà des clients importants, mais on veut commencer à en vendre davantage, que ce soit aux consommateurs, aux édifices LEED ( une certification environnementale) ou aux autres projets environnementaux » , dit M. Boivin.

Agir étape par étape – Développement durable – Zoo de Granby

* 8 novembre 2010
* La Presse Affaires
* CAROLINE RODGERS
* COLLABORATION SPÉCIALE

Agir étape par étape

Quand Joanne Lalumière, directrice générale du Zoo de Granby, a décidé d’implanter des pratiques de développement durable, elle avait déjà une longue expérience en environnement.

« Je voulais élargir le discours de la conservation de la faune du Zoo pour y inclure la dimension environnementale et l’ensemble des pratiques de développement durable », dit-elle.

Il n’a pas été difficile de convaincre le personnel du Zoo, organisme sans but lucratif où les gens avaient l’habitude d’utiliser au mieux leurs ressources, de se lancer dans le projet. « C’était déjà un terreau fertile », dit Mme Lalumière.

Néanmoins, il a fallu embaucher un coordonnateur à temps plein responsable du développement durable pour s’assurer du bon déroulement des activités. Au début, celui-ci voulait mettre en place une politique, mais Joanne Lalumière a plutôt choisi d’agir avant de se lancer dans des débats, en donnant un objectif à la fois à son équipe.

« Je me suis dit : faisons d’abord des gestes concrets. La première année, nous nous sommes concentrés sur l’utilisation de l’eau, dit-elle. La deuxième année, c’était l’efficacité énergétique et la troisième année, le recyclage. »

Pour y arriver, on a consulté l’ensemble des employés pour établir un diagnostic sur les façons de travailler et d’utiliser les ressources. En deux ans, ils ont réduit de 66% leur consommation d’eau potable et, en 2005-2006, le Zoo de Granby est devenu l’un des plus importants chantiers en géothermie du Québec.

Aujourd’hui, on va encore plus loin. On a mis en place un comité vert avec des représentants de tous les secteurs, à la fois chez les cadres et les syndiqués.

« Lorsque quelqu’un fait une proposition au comité vert, on s’assure de lui donner une réponse et des explications sur ce qu’il est possible de faire », dit Mme Lalumière.

Développement durable – La Presse Affaires

* 18 octobre 2010
* La Presse Affaires
* COLLABORATION SPÉCIALE

PORTFOLIO
SÉRIE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Pour qu’une démarche de développement durable soit réussie, il faut un engagement sérieux de la haute direction.

D’ici à 2013, le gouvernement du Québec vise à ce que 20% des organisations aient adopté une démarche de développement durable. Beaucoup de chefs d’entreprise aimeraient amorcer une telle démarche, mais ne savent pas par où commencer.


PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Dominic D’Amours est le directeur du développement durable pour la société produisant le yogourt et les produits Liberté. Les entreprises cherchent de plus en plus à adopter une démarche de développement durable.

C’est pour les aider que le Conseil patronal en environnement (CPEQ) a lancé en août dernier un nouveau guide pratique intitulé « Entreprendre une démarche de développement durable en entreprise ».

Cet outil présente une liste d’actions à déployer dans chaque service d’une entreprise: approvisionnement, comptabilité, logistique, immobilier et ainsi de suite. Il prend aussi en compte les trois dimensions liées au développement durable: économique, sociale et environnementale.

« Une entreprise de petite taille ne pourra pas mettre tout cela en place au départ, mais le guide suggère comment chaque service puisse intégrer la démarche. Il s’agit d’un processus d’amélioration continue et à long terme », explique Hélène Lauzon, présidente du CPEQ.

Les clés du succès

Pour qu’une démarche de développement durable soit réussie, il faut un engagement sérieux de la haute direction.

« Une fois que les dirigeants ont la volonté de le faire parce que ça correspond à leurs valeurs et à leur stratégie, il faut préparer un plan d’action et le mettre en oeuvre, dit Emmanuelle Géhin, présidente de la firme Ozone et écostratège. Ce qui est complexe, c’est de bien faire comprendre la démarche aux employés, aux clients, aux fournisseurs et à la communauté. »

Mieux vaut, au départ, se fixer des objectifs simples que d’y aller avec un plan trop ambitieux qui risque d’être décourageant plutôt qu’efficace, ajoute Mme Géhin.

« Comme pour tout projet de changement, il faut donner du temps à l’organisation pour que la démarche se fasse convenablement », dit-elle.

Et pour que le processus soit rigoureux, il est très important que les résultats soient mesurés par des indicateurs de performance valables, dit Hélène Lauzon. « Si on a intégré des initiatives, il faut voir comment elles ont eu un effet par rapport à nos objectifs en mesurant des paramètres quantifiables », dit-elle.

Ainsi, on pourrait, par exemple, mesurer la quantité de déchets détournés des terrains d’enfouissement, les tonnes de gaz à effet de serre produites en moins, entre autres.

Marketing vert et écoblanchiment

Pour les entreprises qui se lancent dans le développement durable, il est tentant d’en faire état publiquement pour rehausser leur image. Attention, cependant, de ne pas tomber dans le greenwashing ou écoblanchiment!

« Pour la plupart des entreprises, l’intérêt premier d’une démarche de développement durable est le marketing, dit Emmanuelle Géhin. C’est un avantage concurrentiel. Les sondages révèlent que 97 % des consommateurs sont sensibles aux sujets environnementaux, donc énormément de gens prêtent une oreille attentive aux actions des organisations. La première entreprise qui entreprend une démarche dans son secteur devient leader de son marché et gagne en notoriété. »

Mais avant de se lancer dans le marketing vert, il est indispensable d’avoir des données tangibles à communiquer, ajoute-t-elle. Sinon, on risque d’être accusé d’écoblanchiment, cette pratique consistant à verdir l’image de son entreprise par des allégations environnementales non fondées.

Mobiliser les employés

Implanter une démarche de développement durable sans faire appel à la participation des employés relève de la mission impossible. Ceux-ci doivent être mobilisés et prêts à changer certaines méthodes de travail pour que la mise en oeuvre du plan d’action soit un succès.

« Il faut communiquer clairement la démarche à l’interne, dit Emmanuelle Géhin. C’est une bonne chose de s’appuyer sur les employés qui ont déjà une sensibilité à l’environnement et de leur demander d’être les ambassadeurs du projet auprès des autres. De plus, il faut choisir une personne ressource qui aura parmi ses tâches la gestion du projet de développement durable. »

UN TRAVAIL DE LONGUE HALEINE

C’est en 2005 que l ’ idée d’implanter le développement durable est apparue chez Liberté, fabricant de yogourts. Un travail exigeant qui comporte sa part de défis, mais qui en vaut la peine, selon Dominic D’Amours, directeur du développement durable de l ’entreprise. Depuis 2005, Liberté a déployé son plan d’action en intégrant des initiatives dans plusieurs secteurs : matières résiduelles, récupération et valorisation de la matière, efficacité énergétique et transports. « Le travail a été marqué en 2006 par une analyse du cycle de vie de nos activités pour connaître les impacts de l ’entreprise et ensuite lancer des projets d’amélioration basés sur ce diagnostic », explique M. D’Amours. Au départ, la société a travaillé sur la gestion de ses matières résiduelles. « Il faut donner la priorité aux initiatives qui vont donner des résultats rapidement pour que les employés voient les impacts positifs, et ensuite utiliser ces exemples pour aller de l ’avant vers des mesures plus complexes », dit M. D’Amours. Du côté des transports, on est en train d’implanter un système informatisé pour optimiser les parcours des camions de distribution et économiser l ’essence. Une question assez complexe qui demande plus de temps que prévu, explique le vice-président. Par la suite, quelques initiatives d’efficacité énergétique ont été mises en branle. « À l ’une de nos installations, en hiver, au lieu d’utiliser en tout temps l ’équipement de réfrigération, on prend l ’air froid de l ’extérieur et on l ’achemine dans le système, dit-il. Dans un autre bâtiment, on utilise la chaleur des compresseurs de l ’équipement de réfrigération pour chauffer les bureaux. Notre objectif est d’optimiser la consommation d’énergie des bâtiments. » Si toute la démarche demande beaucoup d’efforts, l ’entreprise a déjà obtenu un bon rendement de l ’ investissement qui couvre amplement les coûts initiaux, souligne M. D’Amours. « Après quatre ans, on peut dire que ça commence à être intégré, mais il y a toujours du travail à faire, dit-il. On est réalistes et on apprend. »

Les entreprises canadiennes en queue de peloton

* 5 octobre 2010
* La Presse Affaires
* HÉLÈNE BARIL

Les entreprises canadiennes en queue de peloton

Les entreprises canadiennes restent tièdes lorsqu’il s’agit de discuter de changements climatiques et de leur stratégie pour y faire face, constate encore cette année le Conference Board du Canada, dans son cinquième rapport réalisé pour le Carbon Disclosure Project.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Selon le Conference Board, l’absence de politique claire du gouvernement fédéral en matière d’objectif de réduction des gaz à effets de serre explique le manque d’engagement des entreprises canadiennes.

Seulement 46% des 201 plus grandes entreprises canadiennes sondées par l’organisme international ont pris le temps de répondre au questionnaire qui leur a été envoyé, selon les informations obtenues par La Presse Affaires.

Ce taux de réponse de 46% est le plus bas depuis trois ans. Il était de 48% l’an dernier et de 55% en 2008.

Le vice – président du Conference Board, Gilles Rhéaume, explique ce désintérêt par la conjoncture économique difficile. «La récession a eu un impact sur la gouvernance des entreprises, avancet-il. Les priorités changent.»

Le Carbon Disclosure Projet est un organisme à but non lucratif qui détient la plus grande banque de données au monde sur les changements climatiques. Son sondage annuel mesure l’intérêt des entreprises dans la gestion des enjeux liés aux changements climatiques, et ce, partout dans le monde.

Encore cette année, les entreprises canadiennes qui ont répondu au sondage se classent en queue de peloton sur le plan international. «On est très en arrière des Européens et un peu en arrière des Américains», constate le vice-président du Conference Board.

Selon lui, l’absence de politique claire du gouvernement fédéral en matière d’objectif de réduction des gaz à effets de serre explique le manque d’engagement des entreprises canadiennes.

Le rapport 2010, qui sera rendu public aujourd’hui, le souligne clairement. « Il est évident que les sociétés des pays qui obligent à prendre des mesures de lutte contre les changements climatiques sont beaucoup plus engagées dans ce domaine», peut-on y lire.

C’est ce qui explique l’avantage relatif des entreprises européennes dans le classement du Carbon Disclosure Project. Même les entreprises américaines s’intéressent davantage à la question des changements climatiques, en raison des intentions claires énoncées par l’administration Obama.

Dans une liste de 20 pays qui peuvent se comparer, les entreprises européennes arrivent en tête du classement, les entreprises américaines sont au 12e rang et les canadiennes au 17e rang.

Les meilleures

Parmi les entreprises canadiennes qui ont répondu au sondage, 15 se distinguent particulièrement, selon le Conference Board. Certaines de ces entreprises sont des habituées de ce classement, comme la Banque Royale qui y figure depuis sa première présentation, en 2006.

Deux de ces quinze entreprises qui font bonne figure sont québécoises. Il s’agit de la Banque Nationale et de SNC-Lavalin. L’an dernier, il y en avait quatre, soit le CN, Bombardier, Gaz Métro et Bell.

Les entreprises qui figurent en bonne place sont celles qui ont mis en place des mesures pour s’adapter aux changements climatiques, soit en se fixant des objectifs de réductions de leurs émissions, soit en prévoyant des mesures pour s’adapter aux changements climatiques anticipés.

Même si le classement des entreprises canadiennes ne s’est pas amélioré en 2010, il y a quand même des choses qui ont changé, pour le mieux, selon Gilles Rhéaume. «Par exemple, il y a plus d’entreprises qui ont des mesures de gouvernance liées aux changements climatiques », souligne-t-il.

Les entreprises canadiennes sont aussi plus nombreuses à croire que les changements climatiques n’auront pas seulement un impact négatif sur leur bilan.

«Les réponses des chefs de file de cette année témoignent, plus que jamais, de leur intérêt pour les occasions d’affaires offertes par les changements climatiques et de leur ferme intention de les exploiter », constate le rapport.

Année après année, les entreprises du secteur financier et celles du secteur de l’énergie sont les plus représentées dans le classement du Carbon Disclosure Project. Les entreprises du secteur énergétique qui s’intéressent aux changements climatiques y voient une façon d’améliorer leur position concurrentielle, selon Gilles Rhéaume, tandis que l’intérêt des financières est dans la gestion des risques liés à ces changements.

Mission commerciale en Australie et Nouvelle-Zélande du 18 au 22 octobre (Australie) et le 26-27 octobre (Nouvelle-Zélande).

EXPORT Environnement en collaboration avec le Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) et le Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) organise sa 3e mission en Australie et Nouvelle-Zélande du 18 au 22 octobre (Australie) et le 26-27 octobre (Nouvelle-Zélande).

Lors de cette mission, vous aurez l’occasion de présenter vos produits ou vos services à des acheteurs, des distributeurs couvrant le marché de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Pacifique Sud.

Vous aurez également l’opportunité de rencontrer des partenaires/clients provenant du secteur privé et public. Des rencontres d’affaires ciblées et visites d’entreprises sont prévues à Sydney, Melbourne, Auckland et Brisbane (sur demande).

Des rencontres d’affaires sont également prévues avec le gouvernement du New South Wales et de Victoria.

L’Australie, qui est facile d’accès, est un marché qui bénéficie présentement d’une forte économie et qui importe beaucoup de produits et services à valeur ajoutée. C’est également un marché prometteur très orienté vers les initiatives environnementales et les nouvelles technologies.

Le marché de l’environnement en Australie est présentement évalué approximativement à 22 milliards $ AUS. En forte croissance, on estime que ce marché atteindra 40 milliards $ AUS vers 2014.

Un tiers de tous les produits et services environnementaux consommés localement sont importés.

On retrouve des opportunités pour les entreprises environnementales canadiennes dans le domaine de :

La gestion des matières recyclables;

Le traitement de l’eau;

Le bâtiment vert;

Les énergies renouvelables;

Le traitement des sols;

Efficacité énergétique;

Le traitement de l’air;

Et bien d’autres.

Boris Murray

Directeur Développement International

EXPORT environnement

1250 rue Granville,

Boucherville (Québec) J4B 8G2

Cell :(514) 802-2789

Téléphone : (450) 552-3222

Ligne directe: (514) 729-2882

Fax : (450) 552-0966

boris.murray@export-environnement.com

www.export-environnement.com

Des hydroliennes dans le Saint-Laurent – La Presse

* 28 juillet 2010
* La Presse Cahier A
* ANABELLE NICOUD

Des hydroliennes dans le Saint-Laurent
« Une première dans le domaine des énergies renouvelables », dit la ministre Normandeau

Après les éoliennes, voici les hydroliennes. Québec espère mettre sur pied une nouvelle filière industrielle de production d’énergie propre et renouvelable grâce à ces turbines sous-marines.

Les gouvernements provincial et fédéral ont annoncé hier leur soutien à la firme montréalaise RSW, laquelle a mis au point un prototype de turbines hydroliennes qui seront installées dans le fleuve Saint-Laurent, à proximité de la Cité du Havre, à Montréal, d’ici à la fin dumois d’octobre. L’objectif : démontrer que l’on peut produire une électricité propre et non polluante grâce à l’énergie des rivières.
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE « La technologie de RSWest prometteuse et fait partie d’une filière que l’on veut voir naître au Québec», a dit hier Nathalie Normandeau, vice-première ministre du Québec et ministre des Ressources naturelles, accompagnée de Christian Paradis, ministre des Ressources naturelles du Canada, et d’Imad Hamad, vice-président de RSW.

« C’est une première dans le domaine des énergies renouvelables », dit Nathalie Normandeau, vice-première ministre du Québec et ministre des Ressources naturelles. Le gouvernement du Québec a contribué à la mise au point du prototype avec une subvention de 3 millions de dollars, et Ottawa a alloué 2,8 millions.

«On prévoit que cela générera de l’électricité renouvelable à un coût inférieur à celui des méthodes actuelles de production d’énergie renouvelable et de l’hydroélectricité. Cette technologie peut être utilisée pour générer de l’électricité dans les régions éloignées », croit quant à lui Christian Paradis, ministre des Ressources naturelles du Canada.

Ces deux turbines produiront 250 kilowatts chacune. Si la technologie se révèle viable, les hydroliennes pourraient produire jusqu’à 10 000 mégawatts pour l’ensemble du Canada, selon M. Paradis. Au Québec, on pourrait produire 1000 mégawatts. Le coût du kilowatt devrait être comparable à celui de l’énergie éolienne.

RSWétudie jusqu’en 2011 la faisabilité de ce projet à grande échelle avant de se lancer dans la mise en marché. Mais le gouvernement du Québec ne cache pas son enthousiasme face aux possibilités de cette technologie définie comme « 100% québécoise », qui a déjà créé 30 emplois directs et qui pourrait s’exporter au Canada et à l’étranger.

« La technologie de RSW est prometteuse et fait partie d’une filière que l’on veut voir naître au Québec. C’est une façon concrète de diversifier notre portefeuille énergétique, dit la ministre Nathalie Normandeau. On y croit. On a fait le choix de l’économie verte et on passe de la parole aux actes.»

Ce n’est pas la première fois que la firme RSW s’intéresse au fleuve Saint-Laurent à la hauteur de la Cité du Havre, à Montréal. En 2003, la firme avait étudié, à la demande d’Hydro-Québec, la possibilité d’y bâtir une centrale au fil de l’eau. Le projet avait finalement été abandonné, mais il a donné naissance à l’idée des hydroliennes.

Le projet de barrage avait alerté la fondation Rivières, qui craignait l’effet qu’il pouvait avoir sur l’écosystème du fleuve. Les hydroliennes ont toutefois été conçues en tenant compte de la présence d’espèces de poissons menacées, dit Georges Dick, président de RSW.

« On a eu des discussions avec Environnement Québec et Environnement Canada ; pour le moment, il n’y a pas lieu d’avoir des inquiétudes », précise M. Dick. Des caméras sonores seront installées sur les prototypes afin de surveiller le comportement des poissons, dit-il.

Réal Reid, ingénieur spécialiste en énergie éolienne et membre du conseil d’administration de la fondation Rivières, se montre plus circonspect. « C’est une technologie embryonnaire, on n’en connaît pas encore les impacts environnementaux, dit-il. On ne peut pas dire que ce sera néfaste ou bénéfique, mais ce n’est pas parce que c’est sous l’eau que cela n’a pas d’effet. »

Québec comme Ottawa veulent croire au potentiel économique et énergétique des hydroliennes. « Il y a un rendez-vous extraordinaire que le Québec ne peut pas manquer », croit Nathalie Normandeau, qui n’exclut pas non plus de créer des filières vertes pour le secteur forestier ou celui des biocarburants.

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