* 30 septembre 2010
* La Presse Affaires
* CAROLINE RODGERS
* COLLABORATION SPÉCIALE
Au-delà de l’import-export
Aujourd’hui, les entreprises québécoises ont tout avantage à s’internationaliser pour croître en profitant des occasions d’affaires qu’offrent les marchés mondiaux. C’est même, très souvent, une question de survie, car elles font face à une concurrence ve
«Une entreprise qui veut que ses affaires soient profitables à l’étranger doit tenir compte de la réalité du marché d’accueil, qui est parfois très différente de la nôtre.» –Jean-Paul David, président de Mercadex International
à partir de la page 1 Vendre ses produits au-delà des frontières est la plus ancienne façon de faire des affaires à l’international.
Mais au-delà de l’importexport, il existe de nombreux modèles d’affaires permettant de s’insérer dans la chaîne de valeur mondiale et d’en tirer parti. Encore faut-il savoir choisir la bonne stratégie!
« Une entreprise qui veut que ses affaires soient profitables à l’étranger doit tenir compte de la réalité du marché d’accueil, qui est parfois très différente de la nôtre, dit Jean-Paul David, président de Mercadex International. Le réseau de distribution et le cadre réglementaire peuvent être différents, et il faut s’adapter. Depuis une douzaine d’années, grâce aux technologies de l’information, les entreprises commencent à adopter des modèles d’affaires bien au-delà de l’exportation. »
Plusieurs stratégies de pénétration d’un marché étranger sont possibles. « Les bons gestionnaires remettent en question leur modèle d’affaires et l’adaptent pour rester dans la course, en le positionnant dans la chaîne de valeurs mondiale», dit Christian Roy, associé, Innovation et Stratégie chez Secor. On peut s’approvisionner à l’étranger, avoir recours à la sous-traitance, céder une licence de fabrication et percevoir des redevances, devenir sous-traitant d’un grand donneur d’ordre, conclure une alliance stratégique, investir directement à l’étranger et fonder une coentreprise, ou joint venture. Mais comment faire le bon choix?
Selon un modèle d’analyse développé par l’équipe de Jean-Paul David, le modèle Mercadex-Desjardins, la décision peut se prendre notamment en tenant compte du degré d’intégration que l’on souhaite atteindre sur le marché visé.
Le degré d’intégration a un impact direct sur le contrôle que l’on exerce, et se fait à trois niveaux: on peut soit déléguer, coopérer ou contrôler.
Si l’on choisit de déléguer, par exemple en devenant soustraitant d’un donneur d’ordres à l’international ou en cédant une licence à un fabricant étranger, on exerce un moins grand contrôle sur les opérations, mais c’est une bonne façon de tenter une première expérience à l’international.
On peut aussi coopérer avec un partenaire, par exemple en faisant appel à un distributeur pour nos produits à l’étranger ou en créant une coentreprise.
Finalement, on peut choisir un modèle d’affaires qui nous assure le plus grand contrôle des opérations, mais qui nécessite aussi plus d’investissements et une meilleure connaissance du marché étranger, comme l’ouverture d’un bureau de ventes à l’étranger.
Coentreprise
Le principal avantage d’une coentreprise est qu’elle permet d’accéder plus rapidement à un marché donné, selon Jean-Paul David. « Si on veut développer soi-même un réseau, cela peut prendre de cinq à dix ans, explique-t-il. Mais si on forme une coentreprise pour accéder à la clientèle, cela accélère le courant d’affaires et on peut pénétrer un marché dans une période de douze à dix-huit mois.»
Avant de se lancer dans cette démarche, il faut bien analyser le cadre légal du pays visé et tenir compte des règles sur la propriété intellectuelle et des règles fiscales.
Ilfautaussiêtretrèsconscient des différences culturelles et de leurs implications.
Mais le principal défi de cette approche consiste à trouver le bon partenaire.
«Il faut que l’on ait un bon profil de l’entreprise avec laquelle on s’associe, mais aussi des personnes qui y travaillent, dit Jean-Paul David. Il faut enquêter avant de s’associer. Cela commence par savoir comment l’entreprise en question est perçue sur son propre marché.»
Envoyer quelqu’un sur place pour investiguer peut éviter de bien mauvaises surprises.
« Une entreprise de Drummondville nous avait demandé d’enquêter sur un partenaire potentiel en Pologne, dit-il. À voir leur site internet, on avait l’impression que c’était une multinationale. Pourtant, une fois sur place, on s’est rendu compte que ça se passait dans un garage. A beau mentir qui vient de loin!»
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* 30 septembre 2010
* La Presse Affaires
* CAROLINE RODGERS
* COLLABORATION SPÉCIALE
Une porte d’entrée en Amérique du Sud
Faire une percée sur les marchés sud-américains : c’est l’objectif du Groupe Anderson, fabricant québécois de machinerie agricole et forestière.

PHOTO LA TRIBUNE Faire une percée sur les marchés sud-américains: c’est l’objectif du Groupe Anderson et de son président, Dany Poisson.
Pour y arriver, l’entreprise a décidé de former une coentreprise avec un partenaire en Uruguay. «L’Uruguay est une bonne porte d’entrée pour l’Amérique du Sud, explique Dany Poisson, président. On voulait pénétrer ce marché, notamment le Brésil et l’Argentine. L’Uruguay est un pays plus petit et où les gens d’affaires ont une meilleure réputation. Nous étions plus certains d’y trouver des partenaires fiables. De plus, ce pays possède un marché avec un potentiel assez élevé.»
Intermédiaire
C’est par l’intermédiaire de son distributeur en France que l’entreprise a pris contact avec la famille propriétaire du nouveau magasin dans lequel le groupe a pris une participation de 15%, en s’associant également avec son partenaire français. « C’est un détaillant qui vend nos produits depuis quatre ans, dans un magasin comparable aux magasins John Deere que l’on trouve ici, dit-il. Nos produits sont bien établis dans cette région. On va continuer à soutenir la relation avec eux. Quand on veut vendre en Amérique du Sud, il faut avoir une stratégie à long terme. Cette façon de faire a renforcé nos liens avec notre partenaire français et en a créé de nouveaux en Uruguay.»
Persévérance
Toutefois, un tel partenariat ne pourrait pas être envisagé pour tous les pays où l’entreprise vend ses produits. « En Europe, on ouvre les marchés en faisant affaire avec des distributeurs, dit Dany Poisson. C’est le cas en France, en Allemagne et en Pologne. Ce sont des marchands en gros qui vendent nos produits à des détaillants, lesquels les revendent aux fermiers. »
Pour le pr é s ident de Groupe Anderson, le secret du succès à l’international est de persévérer et de travailler sur le long terme. « Il faut y mettre du temps, dit-il. Et il faut se donner des objectifs d’y aller plusieurs fois par année pour fare de la prospection, créer des liens d’affaires et les entretenir. »