Category: Transport

9800 km pour 83$ d’électricité – Distinguer le vrai du faux – La Lito Sora électrique – La Presse Affaires

3 octobre 2011
La Presse
VIOLAINE BALLIVY

9800 km pour 83$ d’électricité

« Je n’éprouve pas de remords quand je roule. Je peux faire des tours de voiture juste pour le plaisir, je ne pollue pas ! »

Certains automobilistes paient 83$ pour faire un seul plein d’essence. Pierre Séguin, lui, a parcouru 9800 km avec sa voiture pour la même somme. Et ce, sans jamais s’arrêter dans une station-service. Jamais!

Le réalisateur de La petite vie ne plaisante pas. Pierre Séguin est l’heureux – et le mot est très, très faible – propriétaire depuis l’an dernier d’une Tesla entièrement électrique, premier véhicule du genre qui avait été autorisé à circuler sur les autoroutes du Québec et du Canada. Après 15 mois d’utilisation quasi quotidienne, son sourire est toujours aussi sincère quand il en parle. Pas de mauvaises surprises, pas de déceptions, pas de lassitude. « C’est la parfaite combinaison pour ceux qui veulent être “ verts”, mais qui sont aussi des passionnés d’automobiles, dit-il au volant de son bolide. Je n’éprouve pas de remords quand je roule. Je peux faire des tours de voiture juste pour le plaisir, je ne pollue pas ! »

Les sceptiques auront beau chercher: il n’y a aucun pot d’échappement dissimulé à l’arrière de la voiture pour évacuer du monoxyde de carbone, pas de réservoir à essence sous la carrosserie. La Tesla Roadster compte 290 chevaux, mais 0 cylindre… « Quand je suis passé au bureau d’immatriculation, on ne me croyait pas » , se rappelle M. Séguin qui, avec le temps, a dû s’habituer à répondre aux mille et une questions des curieux. « Je donne des miniconférences de presse à tous les coins de rue ! Des policiers m’ont même déjà arrêté pour savoir quelle voiture je conduisais. » Au total, 1850 Roadster ont été écoulées dans une trentaine de pays depuis la mise en marché de la voiture.

Le propriétaire n’a aucun souci mécanique à relever. « Je n’ai pratiquement pas d’entretien à faire: il n’y a que trois liquides qui circulent dans la voiture [ du glycol pour réguler la température de la batterie, du liquide à frein et du lave-glace]. Il n’y a pas de radiateur, pas de ligne à gaz… c’est à peine plus complexe qu’une machine à coudre ! » Il faut dire que sa Tesla n’a pas eu à affronter les rigueurs de l’hiver : modèle cabriolet oblige, elle a été remisée après les premières neiges, en décembre, et ressortie en avril.

Petits bémols

Ce n’est que parce que l’on insiste que Pierre Séguin finit par soulever quelques petits inconvénients. À commencer par l’usure précoce des pneus arrière, qu’il a dû changer après 11 000 km, causée sans doute par le lourd poids de la batterie et la friction en décélération qui permet la recharge de la batterie. En contrepartie, les freins devraient s’user moins rapidement, prévoit-il.

Puis, il faut avouer que l’autonomie de la voiture, l imitée pour l ’ inst ant à 350 km environ, gagnerait à être bonifiée. Pour le métro-boulot-dodo, pas de souci : Pierre Séguin n’a qu’à brancher sa voiture quelques soirs par semaine à la ligne d’alimentation de 220 V qu’il a installée sur la place de stationnement de son condo. En quatre heures à peine, la recharge sera terminée, ou une douzaine d’heures si la voiture est alimentée par du 110 V.

La planification des voyages est toutefois un peu plus compliquée. Une grande virée en Gaspésie ou un long week-end à New York ne sont pas exclus d’office. Mais il faudra diviser la route et prévoir les arrêts pour refaire le plein d’énergie, idéalement pendant la nuit dans un hôtel. « Je ne peux pas faire 600 km d’une traite » , concède-t-il. D’où l’importance de créer le réseau de bornes électriques, penser à en installer près des restaurants, des haltes routières, dans des stationnements publics.

Mais tous ces bémols sont facilement effacés par la satisfaction d’avoir le sentiment de pouvoir faire un « pied de nez » aux pétrolières « qui se fichent de nous en jouant au yo-yo avec le prix de l’essence. C’est un gros lobby et les gens en ont de plus en plus ras le bol » . À commencer par lui.

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3 octobre 2011
La Presse
ÉRIC LEFRANÇOIS
COLLABORATION SPÉCIALE

Distinguer le vrai du faux
Un jour, il faudra bien laisser tomber certains mythes et légendes entourant les véhicules électriques. Mais certaines affirmations sont exactes, ne serait- ce qu’en partie. Donc, en voici cinq. Certaines fondées, d’autres, à débrancher.

1 – L’autonomie des batteries demeure trop faible.
PHOTO KAI PFAFFENBACH, REUTERS Plusieurs entreprises et commerces projettent d’installer des bornes de recharge dès janvier 2012 auQuébec. Ci-dessus, des Smart électriques alignées à une station de recharge, lors du salon de l’auto de Francfort, le mois dernier.

Pour vous rendre à Québec, sans l’ombre d’un doute. À moins de rouler avec un fil à la roue. Les Nissan Leaf et Mitsubishi i-MiEV peuvent parcourir une centaine de kilomètres tout au plus. Donc, tant que de puissantes infrastructures ne sont pas en place, pas question d’envisager de prendre la route des vacances à bord de ces automobiles. Voilà pourquoi des constructeurs comme Chevrolet ( Volt) ou Audi ( A1 E-Tron) offrent des véhicules hybrides à autonomie prolongée grâce à l’appoint d’un moteur à essence…

Cela dit, il convient de souligner que les Canadiens parcourent en moyenne quotidiennement moins de 60 km par jour. Sceptiques? Alors mettez le compteur kilométrique de votre véhicule à zéro.

2 – La réussite commerciale des véhicules électriques repose essentiellement sur les infrastructures.

Si l’on prête foi à la statistique, c’est faux. Les propriétaires de véhicules électriques feront de leur résidence leur principale « station-service » . Plusieurs entreprises et commerces projettent malgré tout d’installer des bornes de recharge, et ce, dès janvier 2012 au Québec.

3 – Le temps de recharge est trop long.

Vrai. Sur une prise domestique, la patience est de mise. Il faut compter près de 20 heures pour recharger complètement les batteries. Il est possible d’accélérer le tout en optant pour une borne de recharge de 240 V, laquelle permet de retrancher de plus de moitié le temps de recharge. Une fois le processus d’homologation terminé au Canada – ce qui ne devrait pas tarder –, des bornes à recharge rapide ( 400 V) seront installées. Celles-ci assurent une recharge complète en quelque 30 minutes, soit en moins de temps qu’il n’en faut pour faire son épicerie. Voilà une légende urbaine. Jusqu’ici, aucun cas d’électrocution n’a été rapporté, si ce n’est en Formule 1 [ août 2008, écurie Sauber-BMW] lors de tests de mise au point du système de récupération d’énergie ( KERS). L’industrie a conçu de multiples dispositifs de sécurité pour couper l’alimentation instantanément en cas d’impact ou de submersion. En fait, un véhicule tout électrique s’avère plus sûr qu’une voiture équipée d’un moteur à combustion interne s’alimentant d’un combustible hautement inflammable. Voilà une affirmation partiellement fausse. Étantdonné le rabais offert actuellementpar le gouvernement duQuébec et le coût d’utilisation de ce véhicule, la proposition mérite considération. D’autant plus que certains privilèges sont envisagés par les autorités pour faciliter leur mobilité comme celui de leur accorder une voie réservée, par exemple.

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3 octobre 2011
La Presse
PIERRE- MARC DURIVAGE

La Tesla des motos, made in Québec
La Lito Sora électrique est conçue et fabriquée à Longueuil

« J’ai eu l’idée de développer unemoto électrique, surtout qu’il n’y avait rien de tel sur lemarché aumoment où l’on a commencé à travailler là- dessus, à la fin de 2008. » — Jean- Pierre Legris, fondateur de Lito Greenmotion

C’est à deux roues que le Québec pourrait faire samarque dans le milieu des véhicules électriques.
PHOTO FOURNIE PAR LITO GREEN MOTION À 43 000$ la moto, on est conscient chez Lito de s’adresser à une clientèle aisée. La Sora peut atteindre une vitessemaximale de 175 km/ h, alors que son autonomie est de 300 km à une vitesse urbaine moyenne de 45-50 km/ h. Elle file de 0 à 100km/ h en 4,5 secondes.

La Lito Sora, une moto à la mine patibulaire de style bobber, en est à ses derniers kilomètres d’essais, quelque part sur les routes poussiéreuses du Texas. Mais c’est à Longueuil qu’elle a été conçue et fabriquée, par une équipe entièrement québécoise.

« J’ai d’abord pensé lancer une entreprise de voitures électriques, mais ça s’est révélé beaucoup trop complexe en frais et en tests de toutes sortes, a indiqué Jean-Pierre Legris, fondateur de LitoGreenMotion. J’ai donc eu l’idée de créer une moto électrique, surtout qu’il n’y avait rien de tel sur le marché au moment où l’on a commencé à travailler là-dessus, à la fin de 2008. »

Les sociétés américaines Brammo et Zero commençaient alors la conception de leurs propres produits, des motos légères destinées au grand public. Lito vise plus haut. « Nous avons choisi le haut de gamme parce que les véhicules électriques séduisent pour l’instant une clientèle à l’affût des dernières tendances et qui est prête à payer pour ne pas faire de compromis sur la performance. On se voit un peu comme la Tesla des motos » , a précisé M. Legris.

À 43 000$ la moto, on est conscient chez Lito de s’adresser à une clientèle aisée. Selon M. Legris, les caractéristiques techniques de la Sora justifient ce prix, surtout quand on les compare à ce qui a été offert jusqu’à ce jour sur lemarché de la moto électrique. La Sora peut atteindre une vitesse maximale de 175 km/ h, alors que son autonomie est de 300 km à une vitesse urbaine moyenne de 45-50 km/ h. Elle file de 0 à 100 km/ h en 4,5 secondes.

Son ensemble de piles lithium-ion-polymère de 12 kWh est rechargé en 8 à 10 heures sur une prise standard de 110V; à l’aide d’un chargeur rapide, le temps de recharge peut s’effectuer en moins de deux heures.

Caractéristiques inédites

La plus proche concurrente de la Sora, la Brammo Empulse, affiche pour le tiers du prix des performances similaires, mais son autonomie est réduite de moitié, ce qui la confine à la ville et sa banlieue. Il faut donc plus qu’une autonomie prolongée pour accepter de débourser autant d’argent et c’est pourquoi Lito a mis le paquet en investissant plus d’un million en recherche et développement. L’entreprise de Longueuil a notamment obtenu la collaboration du designer Martin Aubé et de chercheurs de l’Institut du Transport avancé du Québec, du Centre d’innovation en microélectronique du Québec, d’Alcoa Innovation et de l’École des hautes études commerciales.

La Sora – le mot veut dire « ciel » en japonais – offre ainsi de nombreuses caractéristiques inédites. Le pilote a le choix de trois modes de conduite: le mode performance, qui offre un maximum de puissance et de couple à la poignée droite, le mode promenade, qui limite les accélérations intempestives, et le « Safe range system » , qui calcule automatiquement l’énergie nécessaire pour se rendre à la destination programmée par le conducteur dans le GPS de l’ordinateur de bord. Ainsi, plus le point d’arrivée est éloigné, plus la puissance sera limitée puisque le mandat de l’ordinateur sera d’éviter à tout prix la panne sèche. Quitte à rouler à 20 km/ h s’il le faut… Ce rassurant dispositif, sur le point d’être breveté, pourrait d’ailleurs être vendu à d’autres constructeurs de véhicules électriques.

Autre innovation intéressante, un siège électrique qui permet de changer la position de conduite du pilote, même si la moto est en marche. Le motocycliste peut donc avoir le choix d’une multitude de positions, de la selle basse propre aux motos custom à la position relevée desmotos sportives.

La Sora retient les services d’une boîte à variation continue, ce qui lui permet d’offrir de bonnes accélérations sans compromettre la vitesse de pointe, de même qu’un système de freinage régénératif et un ordinateur de bord à écran tactile.

Est-ce que tout ça est suffisant pour assurer le succès de la Sora? Manifestement, oui : « Notre clientèle est confirmée. La demande est incroyable, on a reçu plus de 800 demandes d’essais, plus de 80 demandes de distribution de quelque 50 pays, a assuré M. Legris. Nous avons donc franchi l’étape des études de marché, la réception est unanimement positive. »

Lito vise au départ une production de petite série de 50 à 100 véhicules par année. « Si tout va bien, on aimerait passer à 500 véhicules en 2013 et nous nous ajusterons à la demande par la suite » , a dit M. Legris, lucide. Les premières livraisons se feront à la fin de l’année, d’abord en Europe et aux ÉtatsUnis et peu de temps après au Canada.

Aéroport Régional des Cantons de l’Est – Radio-Canada Estrie

Reportage très intéressant à voir !!!
Reportage à Radio-Canada Estrie sur le projet de transport de passagers à l’Aéroport des Cantons de l’Est à Bromont.
Les bouts de l’émission touchant ce dossier se situent entre les minutages 0:38 à 0:59 (intro) et 5:30 à 8:00 (reportage).

www.radio-canada.ca

L’aéroport de Bromont veut offrir des vols de passagers – La Presse Affaires

14 septembre 2011
La Presse
MARIE TISON

L’aéroport de Bromont veut offrir des vols de passagers

Le petit aéroport de Bromont veut suivre l ’ exemple de Plattsburgh et Burlington et of f ri r une solution de rechange à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Selon Robert Blais, directeur général de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l’Est ( RARCE), le potentiel de vol de passagers est là à Bromont. L’organisme veut faire une étude demarché et monter un dossier qu’il va présenter aux transporteurs, comme Air Canada, WestJet et Porter.

« Nous voulons offrir des vols de passagers afin de permettre aux résidants de la région, de la Rive-Sud à Sherbrooke, d’éviter totalement Montréal, a déclaré le directeur général de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l’est ( RARCE), Robert Blais, dans une entrevue avec La Presse Affaires. La circulation est un cauchemar et les infrastructures sont douteuses. C’est plus qu’une simple question de délais : de plus en plus de gens ont peur de franchir les ponts. »

Étude

La RARCE est sur le point de commander une étude de marché pour vérifier ses hypothèses. Mais, selon M. Blais, plusieurs citoyens ont déjà fait savoir qu’ils étaient très intéressés à l’idée de partir de Bromont pour aller au Canada ou aux États-Unis.

Outre la question de la circulation, ils invoquent les délais interminables pour passer à la sécurité à l’aéroport Montréal-Trudeau, la difficulté de stationnement et la nécessité de se présenter trois heures d’avance en raison de l’achalandage de l’aéroport.

M. Blais a fait remarquer qu’environ un million de personnes vivent entre le pont Champlain et Sherbrooke.

« Le potentiel est là, a-til affirmé. Nous voulons faire une étude de marché et monter un dossier que nous allons présenter aux transporteurs, comme Air Canada, WestJet et Porter. »

Il a noté que les aéroports de Plattsburgh et Burlington avaient connu une croissance intéressante en grugeant la clientèle de Montréal-Trudeau. Il a aussi donné l’exemple de l’aéroport d’Abbotsford, en Colombie-Britannique, situé à environ une heure de Vancouver.

« WestJet a commencé par offrir un vol vers sa plaque tournante de Calgary, mais, maintenant, elle offre des vols directs vers Toronto ou Montréal, a indiqué M. Blais. Je vois un parallèle entre Abbostford et notre aéroport. »

L’aéroport régional de Bromont a été créé dans le cadre d’un partenariat entre trois municipalités des Cantons-de-l’Est, Bromont, Granby et Cowansville. Pour l’instant, le trafic est plutôt léger, mais sa piste peut accueillir des Boeing 737.

Le cas de Saint-Hubert

Il y a quelques années, l’aéroport de Saint-Hubert a essayé d’attirer des transporteurs commerciaux, comme Porter Airlines, sans succès. Sa croissance est maintenant menacée par une opposition organisée, qui souffre du bruit du trafic aérien, et notamment celui des écoles de pilotage.

« Nous n’avons pas les problèmes que l’aéroport de Saint-Hubert a avec les résidants, a affirméM. Blais. Cet aéroport est situé au coeur de la ville de Saint-Hubert alors que nous sommes situés dans un parc industriel. I l n’y aura pas d’opposition à notre projet. »

Pourtant, un blogue d’opposit ion au projet de la RARCE a fait son apparition sur l’internet lundi. L’auteur, qui ne s’identifie pas, craint que le projet ne vienne briser la sérénité de la région.

« Voulons-nous vraiment d’un aéroport international qui transformera notre belle région en un grand centre aux routes achalandées ? D’avions qui bourdonneront à longueur de journée dans nos oreilles et celles de nos enfants? » , écrit-il.

À la fin de l’après-midi hier, une seule personne avait laissé un commentaire sur le blogue, une citoyenne qui s’opposait également au projet.

M. Blais a affirmé qu’il y avait effectivement une ou deux personnes qui s’étaient opposées jusqu’ici, des gens qui habitaient au bout de la piste.

« La majorité des gens que je rencontre sont favorables » , a-t-il affirmé.

Transport vers Montréal – La Presse Affaires

24 août 2011
La Presse
PHILIPPE MERCURE

Gros maux de tête pour les entreprises

Candidats qui renoncent à postuler pour des emplois. Retards, absentéisme, stress, irritabilité, fatigue: les travaux routiers qui se multiplient à Montréal ont des impacts « inquiétants » sur les travailleurs, selon l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés ( OCRHA).

Selon un sondage mené par l’OCRHA directement auprès de ceux dont le métier est de gérer des employés, 55% des entreprises montréalaises subissent des impacts négatifs à cause des chantiers qui encombrent les routes de la métropole.

« Si, en plein mois d’août, les directeurs en ressources humaines parlent de retards, d’absentéisme, de stress et de fatigue, on peut penser que ça va être assez l’enfer après la fête du Travail » , lance Florent Francoeur, PDG de l’Ordre.

Parmi les répondants qui ont accepté de détailler les problèmes découlant de la circulation chaotique, 46,3% affirment perdre des candidats potentiels parce que ceux-ci ne sont plus intéressés à occuper des emplois qui les obligeraient à traverser des ponts.

« C’est grave, dit M. Francoeur. De nombreuses entreprises ont déjà des problèmes de recrutement. Si les travaux routiers accentuent le problème, il est clair que ça va avoir des effets importants. »

L’ordre des conseillers en ressources humaines, qui envoie régulièrement des sondages à ses membres, dit n’avoir jamais observé un taux de réponse aussi élevé. Près de 70% des répondants qui ont détaillé leurs réponses disent observer plus de retards qu’à l’habitude chez leurs employés.

« Si on exclut Kadhafi et Jack Layton, on ne parle à peu près que de travaux routiers à Montréal. Notre sondage vient confirmer qu’il s’agit aussi d’une préoccupation majeure auprès des entreprises » , dit M. Francoeur.

Près de 70% des répondants qui ont détaillé leurs réponses disent observer plus de retards qu’à l’habitude chez leurs employés, et le tiers d’entre eux évoquent des délais de 30 minutes et plus.

Plusieurs employés choisissent aussi de jeter l’éponge et de rester carrément chez eux plutôt que d’aller affronter les cônes orange sur les routes. Une hausse de l’absentéisme a été observée chez 45% des conseillers en ressources humaines ayant répondu au sondage.

« On est dans une économie où on parle beaucoup de productivité. Or, on voit que la question des travaux et des ponts est maintenant problématique dans les organisations » , dit M. Francoeur.

Même le moral des troupes qui atteignent bel et bien leur lieu de travail est miné. Les gestionnaires ont observé du stress ( 78% des répondants), de la fatigue ( 71%), de l’irritabilité ( 64%), des pertes de motivation ( 26%) et même des conflits ( 9%) dans leur milieu de travail qu’ils attribuent directement aux travaux routiers.

Bref, les cônes orange qui parsèment la métropole font voir rouge.

Message politique que ce pavé dans la mare envoyé par l’OCRHA?

« Il faut que les gouvernements, quel que soit leur niveau, fassent leur possible pour minimiser les inconvénients. Mais notre message vise surtout les entreprises en disant qu’il est temps de réfléchir à des solutions » , répond M. Francoeur.

Parce que des solutions, i l en existe. Le sondage montre en effet que bon nombre d’entreprises ont déjà commencé à prendre des mesures pour réduire les impacts des bouchons sur leur fonctionnement.

Ainsi , 46,7 % des gestionnaires en ressources humaines ayant répondu au sondage offrent des horaires plus flexibles à leurs employés, tandis que 27,6% d’entre eux ont commencé à favoriser le télétravai l . Le covoiturage ( 7,6%) et les transports en commun ( 4,7%) sont aussi utilisés comme outils pour lutter contre les problèmes de circulation.

« C’est le temps de réfléchir à offrir des horaires flexibles aux employés, à favoriser le télétravail, à envoyer le message d’utiliser les transports en commun » , dit M. Francoeur.

Des transports électriques sans fil – La Presse Affaires

* 18 avril 2011
* La Presse
* MARIE TISON

Des transports électriques sans fil
Bombardier planche sur un système enfoui pour recharger les autobus et les autos électriques

Bombardier Transport veut électrifier la ville. Ou, plus précisément, lesmodes de transport de la ville, ce qui comprend les autobus, les camions, les taxis et même les voitures.


ILLUSTRATION FOURNIE PAR BOMBARDIER

L’entreprise a profité d’un congrès de l’Union internationale des transports publics, la semaine dernière à Dubaï, pour présenter une nouvelle technologie de recharge de batteries sans contact, un système enfoui.

Pour les tramways, ce système permet de faire disparaître les câbles aériens.

« L’évolution est surtout esthétique, adéclaré ledirecteur du programme PrimoveCity de Bombardier Transport, Jérémie Desjardins, au cours d’une entrevue téléphonique à partir de Dubaï. Mais pour les autobus, l’évolution est majeure: on peut électrifier les autobus, ce qui constitue aujourd’hui un véritable défi. »

Bombardier a d’abordmis au point son système de transfert d’énergie par induction pour les tramways. En gros, un équipement placé sous le véhicule permet de créer un champ magnétique lorsqu’il passe au-dessus de câbles enfouis. L’entreprise a notamment testé sa technologie avec un prototype à ses installations d’Augsburg, en Allemagne.

L’autre solution est d’équiper les autobus de grosses batteries. « Ça devient des monstres quant au poids » , fait observer le directeur du programme PrimoveCity de Bombardier Transport, Jérémie Desjardins.

« Nous sommes maintenant en train de participer à des appels d’offres avec cette technologie, nous sommes donc à une étape avancée en ce qui concerne les tramways » , a indiqué M. Desjardins.

Test concluant

L’industrie de l’autobus s’est intéressée au concept, notamment parce que l’électrification de ce mode de transport présente actuellement des difficultés. La solution traditionnelle consiste à mettre en place des trolleybus.

« Il y a beaucoup de villes qui se lancent dans des programmes de trolleybus, mais il faut alors remettre des câbles aériens, ce qui, en matière d’urbanisme, n’est pas très sympa » , a noté M. Desjardins.

L’autre solution est d’équiper les autobus de grosses batteries.

« Ça devient des monstres quant au poids, a fait observer M. Desjardins. Une solution enfouie dans le sol devient une très bonne solution. »

Bombardier a testé le système sur la piste d’un constructeur d’autobus à Lommel, en Belgique.

« C’est très concluant, a af firmé M. Desjardins. Maintenant, nous voulons lancer une ligne pilote commerciale avant la fin de 2012. »

Il a soutenu que les constructeurs d’autobus, les exploitants et les villes étaient enthousiastes.

« Si nous parvenons à commercialiser le système, nous tenons quelque chose de plutôt bien » , a-t-il lancé.

Bombardier vise maintenant les taxis, les camions et même les voitures des particuliers.

« On peut imaginer quelqu’un qui rentre chez lui, qui met la voiture au garage et qui appuie sur une touche de son iPhone pour recharger la voiture pendant qu’il vaque à ses occupations. »

M. Desjardins a cependant admis qu’il restait encore beaucoup de travail à faire.

« Nous sommes encore loin d’avoir la solution, mais nous nous en approchons. »

Sans risque

Bombardier Transport n’est pas la seule entreprise qui travaille sur un système de transfert d’énergie par induction, maisM. Desjardins estime que le fabricant a une longueur d’avance.

« Les autres ne peuvent transférer que 30 à 40 kilowatts de puissance, alors que nous pouvons transférer de 160 à 200 kilowatts » , a-t-il soutenu.

Il a ajouté que les autres entreprises travaillaient essentiellement sur des systèmes statiques. Pour se recharger, un véhicule doit s’arrêter pile sur un point précis pour absorber l’énergie nécessaire. M. Desjardins a affirmé que les véhicules n’auront pas besoin d’arrêter avec le système PrimoveCity de Bombardier. Il leur suffira de ralentir. Les concepteurs de réseaux enfouiront donc les câbles aux endroits où les véhicules sont susceptibles de ralentir, comme les intersections, les feux de circulation et les arrêts d’autobus. Ils pourraient également enfouir les câbles en bas de pentes raides, pour permettre aux véhicules de faire le plein avant l’effort.

M. Desjardins a assuré que le système de transfert d’énergie par induction ne présentait aucun danger. Pas question de faire griller les piétons ou les cyclistes.

« Ce n’est pas le genre de la maison » , a-t-il lancé, expliquant que le système ne s’allumait que lorsqu’un récepteur validait l’identité du véhicule, doté d’une antenne spéciale. Le système s’éteint avant la fin du passage du véhicule.

« Il n’y a aucun champ magnétique qui vous passera à travers le corps » , a assuré M. Desjardins.

Électrification du parc automobile – Québec – La Presse auto

* 21 mars 2011
* La Presse
* SÉBASTIEN TEMPLIER

Québec accélère

QUÉBEC — Le gouvernement du Québec veut orienter le transport individuel à quatre roues vers le tout électrique. En accordant à partir de l’an prochain un rabais – et non plus un crédit d’impôt – pouvant aller jusqu’à 8000$ à l’achat ou à la location d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable neuf, Québec ne souhaite pas ( ou plus) de moteurs à essence. Une mauvaise nouvelle pour… les Toyota Prius et Honda Insight de ce monde.
PHOTO REUTERS Le gouvernement du Québec ne souhaite pas ( ou plus) de moteurs à essence en accordant à partir de l’an prochain un rabais – et non plus un crédit d’impôt – pouvant aller jusqu’à 8000$ à l’achat ou à la location d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable neuf.

Dans son budget présenté jeudi, Québec a annoncé qu’il consacrera 50 millions à l’encouragement de tels achats faits entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2015, plus précisément 42,8 millions pour l’acquisition des véhicules et – aspect inédit – 7,2 millions pour l’acquisition et l’installation de bornes de recharge à domicile.

Ce nouveau programme de rabais remplacera donc l’actuel crédit d’impôt pour l’achat ou la location d’un véhicule neuf dit « écoénergétique » . Ce crédit d’impôt sera aboli le 31 décembre prochain, à minuit. D’ici là, il sera bonifié d’une enveloppe totale de 800 000$. Somme qualifiée au passage de « risible » par le député de Québec solidaire, Amir Khadir. Ceux qui achèteront d’ici la fin de l’année un véhicule consommant entre 0,01 et 2,99 L/ 100 km recevront un crédit de 7769$.

Ce remplacement du crédit d’impôt par le rabais à l’achat a pour but d’offrir « une aide plus immédiate » à ceux qui souhaitent acheter un véhicule totalement ou partiellement électrique. Actuellement , selon Québec, les consommateurs doivent souvent attendre d’avoir terminé leur déclaration de revenus avant de recevoir l’aide fiscale assortie au véhicule qu’ils se procurent. Des délais qui freinent ou qui découragent ces initiatives personnelles.

Pour les véhicules électriques, ce nouveau soutien financier sera en 2012 du même ordre que le crédit d’impôt, dans sa tranche la plus élevée : 8000$. Pour les véhicules hybrides rechargeables, ce rabais sera nettement plus élevé ( 8000 $) que le crédit d’impôt ( 2250 $). Toutefois, ces sommes seront modulées selon la capacité de la batterie du véhicule convoité. Concrètement, le rabais sera par exemple de 5000$ pour une voiture ayant une batterie de 4 kWh, de 6385$ pour une capacité de 10 kWh, ou encore de 7769 $ pour la batterie de 16 kWh d’une Chevrolet Volt ou d’une Mitsubishi i-Miev. L’acheteur d’une Nissan Leaf ou d’une Ford Focus électrique aura droit au rabais maximal de 8000$.

Les valeurs des rabais sont dégressives d’ici à 2015, dernière année au cours de laquelle elles seront de 2000 $ à 3000$ pour les véhicules électriques et les véhicules hybrides rechargeables.

« Marketing politique »

Selon Pierre-Olivier Pineau, cette annonce du gouvernement est « ridicule » et relève du « marketing politique » , car elle ne concernera que 10 000 véhicules neufs en quatre ans et qu’elle ne fait qu’encourager l’achat de véhicules, justement. « Il vaut mieux donner un bonus à ceux qui n’achètent pas de voiture et qui ont un impact sur le développement durable » , dit ce professeur agrégé spécialiste en politique énergétique à HEC Montréal.

Selon Daniel Breton, président du mouvement écologiste MCN21, « on ne touche pas aux véhicules énergivores. Cette mesure est une petite bonne nouvelle dans un océan d’insignifiances en matière de transport. Cela ne change pas radicalement le paysage » .

Pierre Langlois, lui, se félicite de voir que les rabais sur les hybrides rechargeables sont dorénavant identiques à ceux sur les voitures électriques. Mais l’auteur de Rouler sans pétrole estime que le nombre de véhicules concernés est nettement insuffisant. « Cela paraît bien, mais ce n’est pas assez. Idéalement, il faudrait 50 000 véhicules » , soutient le physicien.

La déception de cette mesure budgétaire est le très faible soutien financier accordé aux acheteurs de véhicules hybrides comme la Toyota Prius ou la Honda Civic Hybrid. Pour les voitures dont la consommation d’essence est inférieure ou égale à 5,27 litres aux 100 kilomètres, le rabais à l’achat sera de 1000$ en 2012 et de 500 $ en 2013, ce qui équivaut au crédit d’impôt. Le rabais est inexistant à partir de 2014. Le message paraît clair : le soutien à l’hybride traditionnelle n’a plus lieu d’être, ses prix vont baisser, l’avenir ne lui appartient pas.

« Il ne faudrait en fait récompenser personne mais pénaliser les plus énergivores » , analyse Pierre-Olivier Pineau. Dans ce budget, « il aurait fallu un malus costaud » , dit Pierre Langlois en référence au système de bonus-malus qui pénalise les véhicules pollueurs au profit des plus écologiques.

On notera au passage que l’achat et l’installation de bornes de recharge à domicile seront subventionnés à hauteur de 50% du coût total, jusqu’à un maximum de 1000$ en 2012. Cette somme maximum sera de 600$ en 2015.

Toutes ces mesures figureront dans un plan d’action sur les véhicules électriques que doit présenter la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, au début du printemps. Québec dit vouloir préparer et accélérer la venue de ces véhicules.

Ce qu’on fait de notre voiture… – La Presse Auto

* 14 mars 2011
* La Presse
* SÉBASTIEN TEMPLIER

Ce qu’on fait de notre voiture…

De plus en plus de voitures sur les routes du pays, mais de moins en moins de kilomètres annuels parcourus et d’allersretours au garage.
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Il y a de plus en plus de véhicules sur les routes duCanada, mais leurs usagers parcourent demoins en moins de kilomètres par année.

Voilà grosso modo l’usage que l’on fait des quatre roues depuis quelques années. Au 31 décembre 2010, le Canada comptait un peu plus de 22,2 millions de véhicules en circulation. Un chiffre qui ne cesse évidemment d’augmenter d’une année sur l’autre mais dont le rythme de croissance s’essouffle quelque peu depuis trois ans. Au cours des 10 dernières années, le parc automobile canadien a crû de plus de cinq millions de véhicules, d’après la principale ressource statistique du genre au pays, DesRosiers Automotive Consultants.

Le Canada représenterait à peine 3,2% du parc automobile mondial évalué aujourd’hui à 700 millions de véhicules. Si l’on se projette plus loin, la planète pourrait d’ailleurs compter jusqu’à 2,9 milliards de véhicules en 2050, selon un rapport d’experts du Fonds monétaire international de l’an dernier. Autant dire que les perspectives sont alléchantes pour les constructeurs automobiles.

Pour en revenir à nos « moutons » , si tous les automobilistes canadiens réunis ont parcouru 523 milliards de kilomètres l’an dernier, chacun a en moyenne fait moins de kilomètres annuels avec sa voiture que lors des quatre années précédentes. De 2006 à 2010, on est passé de 24 273 km à 23 510 km. Une différence qui peut paraître relativement faible… si on ne la multiplie pas par les 22 millions de véhicules actuels.

Cette légère diminution de l’utilisation de la voiture au cours des dernières années s’explique essentiellement par le prix de l’essence et le ralentissement économique.

Cette tendance à l’utilisation moindre combinée à une amélioration intrinsèque des voitures a entre autres eu pour conséquence que les services après-vente ont quelque peu écopé l’an dernier. La demande de services après-vente au détail a baissé de 1,1%. « Nous observons un allongement des intervalles de maintenance dans certaines catégories de véhicules » , dit l’analyste Dennis DesRosiers.

Notons que le coût moyen en réparation revient à 3,5 cents par kilomètre parcouru, selon le cabinet d’analyses. « C’est faible, mais beaucoup oublient que chaque fois que l’on monte dans sa voiture, cela nous coûte quelque chose en réparation… pas seulement en assurances et en essence » , dit M. DesRosiers.

Québec promeut le projet d’un train rapide Montréal-New York

* 16 novembre 2010
* La Presse Affaires
* RICHARD HÉTU

Tout le monde à bord !
Québec promeut le projet d’un train rapide Montréal-New York

Le t rain à grande vitesse Montréal– New York ne verra peut-être pas le jour avant plusieurs années, mais le délai ne sera pas imputable au manque d’intérêt des partenaires actuels du Québec aux États-Unis.

Le ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, a eu l’occasion hier de présenter le point de vue du gouvernement Charest sur ce projet semé d’embûches à l’occasion de l’ouverture d’une conférence de trois jours organisée à New York par la US High Speed Rail Association ( USHSRA).

Il a également eu des discussions en marge de ce forum avec le ministre américain des Transports Ray LaHood, son prédécesseur Norm Mineta, nouveau partenaire du cabinet de relations publiques Hill & Knowlton, et le président du Sénat de l’État de New York, Malcolm Smith, qui sont tous d’ardents promoteurs du train à grande vitesse.

Optimiste, la USHSRA a dévoilé de son côté une carte ferroviaire prévoyant une liaison rapide Montréal– New York d’ici 2025 et une liaison Montréal– Boston d’ici 2030. Même s’il n’est pas prêt à établir de tels échéanciers, le ministre Hamad a rejeté l’idée que le train à grande vitesse entre Montréal et les grandes villes américaines du NordEst fait partie des projets dont la plupart des Québécois ne verront pas la réalisation.

«Il est très important d’avoir cette ambition, cette vision, et de mettre les choses en marche», a-t-il déclaré après une allocution au cours de laquelle il a présenté les trois objectifs à court terme que poursuit le gouvernement québécois dans ce dossier.

Le premier de ces objectifs vise à réduire les délais à la frontière en installant des douanes américaines à la Gare centrale. Le représentant québécois dans le dossier du train à haute vitesse, Raymond Chrétien, a entrepris des pourparlers à ce sujet avec les responsables des gouvernements canadien et américain.

«Ce n’est pas une question de mois mais de quelques années avant que cet objectif ne se réalise», a-t-il précisé, tout en déplorant l’absence d’une «politique articulée» à Ottawa en matière de train à haute vitesse.

«Nous recevons un meilleur accueil aux États-Unis », a déclaré l’ancien ambassadeur du Canada à Washington, qui accompagnait hier le ministre Hamad à New York.

Les deux autres objectifs à court terme du gouvernement québécois consistent à rétablir le service du Vermont jusqu’à Montréal et à mettre à jour les études de faisabilité des liaisons Montréal– New York et Montréal– Boston.

Paradoxalement, les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis aideront peut-être le Québec à réaliser son projet de train à haute vitesse entre Montréal et New York. En janvier dernier, l’État de New York n’avait reçu du gouvernement fédéral que 3 millions de dollars pour construire 3,4 kilomètres au nord d’Albany sur la voie ferroviaire – l’Adirondack Express – qui mène vers Montréal.

Or les élections du 2 novembre ont porté au pouvoir des républicains qui ont promis de saborder les projets de train à haute vitesse dans leurs États respectifs. Les gouverneurs élus du Wisconsin et d’Ohio font partie de ce groupe. Et le gouverneur élu de New York, le démocrate Mario Cuomo, s’est empressé d’écrire au ministre américain des Transports pour réclamer une partie des centaines de millions de dollars auxquels les élus républicains semblent avoir tourné le dos.

«Ce sera une bonne nouvelle si Cuomo obtient plus d’argent», a reconnu le délégué général du Québec à New York, John Parisella.

Transport – LES BOUCHONS POURRAIENT VOUS COÛTER CHER! – La Presse Affaires

* 9 septembre 2010
* La Presse Cahier A
* BRUNO BISSON

LES BOUCHONS POURRAIENT VOUS COÛTER CHER!

« Il y a 10 ans, un camionneur faisait jusqu’à trois voyages allerretour par jour dans le port deMontréal. Aujourd’hui, on en fait un. La seule façon de rééquilibrer l’équation passe par une hausse des tarifs. » — Marc Cadieux, PDG de l’Association du camionnage du Québec

Les transporteurs perdent une fortune dans les embouteillages à Montréal. La facture pourrait bien être refilée aux consommateurs. Par la fenêtre de son bureau, au bord de l’autoroute 20, dans l’ouest de Montréal, le PDG de l’Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux, assiste chaque jour au phénomène auquel doivent quotidiennement faire face les entreprises membres de son regroupement : une file interminable de camions et d’automobiles s’étire, parechoc à parechoc, pour se frayer un chemin jusqu’en ville, via l’échangeur Turcot.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Chaque heure perdue dans les embouteillages entraîne un manque à gagner équivalent de 65$ à 85$, ce qui peut représenter, dans une journée type, entre 12,5% et 13,5% des revenus générés par chaque camion.

C’est pareil, presque 12 heures sur 24, sur la Métropolitaine. L’autoroute Décarie se transforme régulièrement en stationnement en début d’après-midi. Et on ne parle même pas du pont Champlain. Que ce soit pour sortir de l’île de Montréal ou pour y accéder de la Rive-Sud, les embouteillages monstrueux font perdre une fortune aux transporteurs en carburant et en heures supplémentaires payées aux chauffeurs.

Alors que les grands chantiers ne font que commencer à Montréal, « l’avenir s’annonce fort préoccupant pour les transporteurs », affirme M. Cadieux, qui représente les plus grandes entreprises de camionnage du Québec.

Dans les derniers mois, des transporteurs du Québec, de l’Ontario et des Maritimes ont demandé à la Freight Carriers Association (FCA), de recomma nder l ’imposit ion d’une « surprime à la congestion » à Montréal.

La FCA est un organisme pancanadien qui a notamment pour mandat de proposer les augmentations annuelles des coûts du carburant dans chacune des provinces.

L’organisme avait émis une recommandation semblable pour Vancouver, pendant la durée des Jeux olympiques, en raison de sévères restrictions imposées à la circulation des camions pour des raisons de sécurité.

Il s’agissait toutefois d’une mesure tempora ire, qui fut d’ailleurs peu suivie. Jamais auparavant une telle mesure n’avait été proposée pour un territoire donné en raison de conditions de congestion prolongée.

«Malgré toute la bonne volonté des autorités pour gérer le trafic, ajoute M. Cadieux, on n’aura pas le choix d’augmenter les tarifs facturés à nos clients. On ne peut plus transporter des marchandises à Montréal au prix actuel. Il y a 10 ans, un camionneur faisait jusqu’à trois voyages aller-retour par jour dans le port de Montréal. Aujourd’hui, on en fait un. La seule façon de rééquilibrer l’équation passe par une hausse des tarifs ».

Collaboration difficile

Sans nécessairement partager ce point de vue, le chercheur Ayoub Moustakbal, de l’Université du Québec à Montréal, croit qu’un choc tarifaire ou une succession de problèmes d’approvisionnement dans les entreprises et les commerces pourraient être salutaires à une industrie où la collaboration entre partenaires demeure aussi exceptionnelle que difficile.

Dans le cadre d’un travail de maîtrise en administration des affaires sous la direction du professeur Yvan Bigras, M. Moustakbal a sondé durant deux ans les préoccupations et les stratégies de dizaines d’entreprises de camionnage de la région métropolitaine afin de documenter les impacts de la congestion routière sur la circulation des marchandises.

Une nette majorité des entreprises (82,5%) se sont dites préoccupées par les impacts de la congestion, révèle son mémoire de plus de 140 pages, rendu en mars 2009.

L’industrie a mis de l’avant plusieurs stratégies, a-t-il constaté : livraison en dehors des heures de pointe, camions plus petits, systèmes de transport intelligents, ententes avec les clients, consignataires et expéditeurs pour favoriser les livraisons hors pointe.

Dans une des rares études indépendantes consacrées aux impacts de la congestion routière sur le camionnage, la plupart des directions d’entreprise questionnées par ce chercheur ont qualifié de « moyennement satisfaisants » les résultats de ces initiatives. Au mieux.

« Le concept de collaboration entre les partenaires de la chaîne logistique (expéditeurs, transporteurs, clients, etc.) n’est pas encore très avancé, a expliqué le chercheur à La Presse. On a plutôt l’impression, dans la plupart des cas, que les transporteurs préfèrent absorber les coûts additionnels plutôt que de chercher des solutions hors de l’entreprise. »

Aux Pays – Bas, affirme M. Moustakbal, la création de « centres logistiques » a permis d’atténuer les impacts de la congestion sur la circulation des denrées, en « détournant » les livraisons vers des dépôts situés en périphérie des villes et des zones de congestion.

De là, les transporteurs ramassent les marchandises dans des camions plus petits et mieux adaptés à la circulation urbaine pour les livrer à leurs clients.

Depuis plusieurs années, l’implantation de « pôles logistiques » semblables a été envisagée à Contrecoeur, Longueuil (SaintHubert), Delson et Les Cèdres, le long de l’autoroute 30, qui devrait être terminée d’ici à 2012. Mais l’intérêt des entreprises de camionnage demeure, à ce jour, plutôt timide.

«Àcausede lapression constante qu’exerce le mode de livraison “juste à temps” et des conditions de circulation qui deviennent plus difficiles, croit M. Moustakbal, des magasins et des entreprises risquent fort de se retrouver de plus en plus fréquemment en rupture de stock parce que des transporteurs ne pourront pas livrer les marchandises dans les délais prévus. »

À ce point, estime-t-il, « ils vont peut-être réagir ». Les entreprises de camionnage essuient des pertes annuelles estimées à 80millions de dollars en raison de la congestion routière dans l’île de Montréal, selon une étude rendue publique en 2009 par le ministère des Transports du Québec.

Ces estimations ne concernent toutefois que les pertes liées à la congestion dite récurrente, c’est-à-dire celle des heures de pointe, durant laquelle les camions représentent moins de 3% des véhicules en circulation.

Or, depuis plusieurs années, fait remarquer Marc Cadieux, président de l’Association du camionnage du Québec, l’heure de pointe dure toute la journée sur les autoroutes les plus f réquentées (Métropolitaine, Décarie, Ville-Marie, etc.).

Le lancement de nombreux chantiers concomitants (échangeur Turcot, CHUM, pont Mercier, etc.), dont les impacts risquent de s’ajouter au chaos actuel, inquiète donc au plus haut point les transporteurs.

Les effets pécuniaires des embouteillages causés par les accidents et les chantiers routiers – la congestion dite « incidente » – n’ont jamais été quantifiés, mais ils pourraient coûter des centaines de millions par année à l’industrie, selon l’ACQ.

Selon des données fournies à La Presse par l’ACQ et confirmées par des entreprises, un transporteur montréalais qui fait une livraison dans l’île peut facturer à son client de 275$ à 300$ pour un chargement complet, qui prend environ quatre heures (manutention, transport et déchargement inclus) dans des conditions de circulation normales.

Dans un quart de travail de huit heures, un camion peut donc faire deux voyages complets s’il n’a qu’un seul arrêt à faire par livraison, pour des revenus de 550$ à 600$ par jour.

Pour cette journée, selon l’ACQ, un transporteur commandera donc des taux variant de 65$ à 85$ l’heure, selon le type de camion. Cela couvre les coûts du carburant, le salaire du chauffeur et, bien sûr, « une marge de profit raisonnable ».

Chaque heure perdue dans les embouteillages entraîne donc un manque à gagner équivalent de 65$ à 85$, ce qui peut représenter, dans une journée type, entre 12,5% et 13,5% des revenus générés par chaque camion.

Surprime à la congestion

À l’ACQ, on refuse de spéculer sur les impacts (ou sur l’ampleur) que pourrait avoir une éventuelle «surprime à la congestion » sur les coûts du transport des marchandises à cause des grands chantiers à venir.

À Vancouver, l’hiver dernier, la Freight Carriers Association avait recommandé de hausser de jusqu’à 40% le coût du transport dans certains secteurs de la ville. Mais cette recommandation, en fin de compte, a été très peu suivie « parce que les conditions se sont avérées, en général, moins pénibles que prévu ».

Marc Cadieux estime toutefois que si une surprime de cette nature devait entrer en vigueur à Montréal, les clients des transporteurs seront probablement tentés de « partager » cette facture avec leurs propres partenaires.

D’un maillon de la chaîne au suivant, reconnaît-il, « le consommateur finira tôt ou tard par essuyer sa part des coûts de la congestion ».

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