Category: Vacances

Question existentielle: Arriverez-vous à décrocher ? – La Presse Affaires

21 juillet 2010
La Presse Affaires
MARTINE LETARTE
COLLABORATION SPÉCIALE

Arriverez-vous à décrocher ?

Il semble bien lointain le temps où on n’avait qu’à éteindre son ordinateur pour profiter pleinement de ses vacances. Il y a eu le cellulaire et pire encore, on a maintenant le téléphone intelligent. Désormais, même les courriels superflus poursuivent leur destinataire jusqu’au bord de la mer! Cet été, arriverez-vous à décrocher, ou encore, votre patron vous permettra-til de le faire ?

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Pour réussir à décrocher pendant ses vacances, une bonne dose d’autodiscipline est nécessaire. Il faut aviser ses clients et ses partenaires d’affaires de ses dates de vacances, changer le message de sa boîte vocale en conséquence et faire une réponse automatique d’absence du bureau pour ses courriels, notamment.

« La plupart du temps, si une personne n’arrive pas à décrocher, ça n’a rien à voir avec son employeur! Bien des gens sont accros à leur emploi, ils se sentent indispensables et ils se disent que s’ils n’étaient pas là, la Terre arrêterait de tourner. C’est une façon pour eux de se valoriser », affirme d’emblée Michel Nadeau, associé principal chez Vézina Nadeau Labre, cabinet de consultants spécialisés en ressources humaines.

Pour Florent Francoeur, président directeur général de l ’ Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, ne pas prendre de vacances risque en fait de se retourner contre soi.

« C’est un fait connu que, dans beaucoup d’entreprises, il y a des employés qui ont du mal à décrocher de leur travail. Il est important d’être vigilant et d’inciter ces employés à fixer des limites raisonnables au travail. Autrement, c’est l’épuisement qui les guette », a-t-il affirmé lors de la publication le mois dernier des résultats d’un sondage révélant notamment que 8% des travailleurs québécois ne prévoyaient pas prendre de vacances cet été.

Heureusement, dans plusieurs entreprises, on encourage effectivement les employés à décrocher pendant les vacances pour aller recharger pleinement leurs batteries.

Chez KPMG par exemple, La Presse a été incapable de joindre deux personnes du service des ressources humaines pour commenter la question puisqu’elles étaient en vacances ! Aux relations avec les médias, on indique que dans le cabinet, la devise est de travailler fort pendant toute l’année, mais de prendre de vraies vacances lorsque le temps est venu.

Quelques trucs pour décrocher

Pour réussir à décrocher pendant ses vacances, une bonne dose d’autodiscipline est nécessaire.

Selon Michel Nadeau, la première règle pour y arriver est de bien s’organiser. Il faut donc aviser ses clients et ses partenaires d’affaires de ses dates de vacances, changer le message de sa boîte vocale en conséquence et faire une réponse automatique d’absence du bureau pour ses courriels.

« Il faut aussi indiquer qui joindre en cas d’urgence pendant son absence et, bien sûr, on doit mettre cette personne au courant de ses dossiers importants », dit-il.

Ensuite, il faut discuter avec son patron ou avec ses associés des situations d’urgence qui pourraient se produire pendant son absence et pour lesquelles on se rendra disponible.

« Ce n’est pas suffisant de dire à son patron qu’il peut nous joindre en cas d’urgence, affirme M. Nadeau. Il faut prendre le temps de définir ce qu’est une urgence! Si on ne le fait pas, on prend le risque que notre employeur nous dérange constamment. »

Mais comment demeurer accessible en cas de véritable urgence sans toutefois devenir l’esclave de son téléphone intelligent ? Michel Nadeau préconise le téléphone cellulaire personnel.

« Même si nous sommes en vacances, nous voulons être informés s’il arrive quelque chose à nos enfants ou à nos petits-enfants. C’est la même chose s’il y a un incendie au bureau ou s’il arrive quelque chose à notre associé. Le cellulaire personnel permet d’être mis au courant d’une situation d’urgence sans avoir à suivre ce qui se passe au bureau au quotidien », explique-t-il.

Oser décrocher du travail en 2010 pendant ses vacances peut-il se retourner contre soi ?

« Généralement, si on a bien planifié son départ, il n’y a pas de problème, remarque M. Nadeau. Si votre employeur vous demande d’être disponible 365 jours par année, vous êtes peut-être mieux d’aller travailler pour quelqu’un d’autre ! »

Les Québécois ont-ils assez de vacances ?


Les Québécois ont-ils assez de vacances ?
CAROLINE RODGERS
La Presse – La Presse Affaires
23 juin 2010

Les t ravailleurs québécois n’auraient pas suffisamment de vacances pour bien se reposer. C’est du moins ce que révèle un sondage CROP effectué en mai dernier pour le compte de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.

Selon les résultats obtenus, 42% des travailleurs considèrent qu’ils n’ont pas assez de vacances dans une année pour refaire le plein d’énergie. Cela n’étonne pas Éric Gosselin, professeur de psychologie du travail et des organisations à l’ Université du Québec en Outaouais.

Selon lui, il faudrait au moins t r ois s emaines de vacances aux t ravai l leurs d’aujourd’hui pour bien se r eposer. « Auparavant , le travail était plus physique qu’intellectuel, dit-il. Or, c’est plus facile de se reposer physiquement que mentalement. Puisque nous sommes maintenant dans une économie du savoir et de services, et que le repos psychologique demande plus de temps, cela viendrait justifier un allongement du temps de vacances moyen. »

Au Québec, les vacances moyennes durent 2,5 semaines. Selon les normes du travail, un salarié a droit à deux semaines de vacances continues payées après un an de service, et à trois semaines à partir de cinq ans, à moins que des dispositions d’une convention collective leur en accordent davantage.

Normes dépassées ?

Selon Éric Gosselin, ces normes sont dépassées, étant donné la réalité du travail actuelle. « Ça ne concorde plus avec le modèle de gestion de carrière que l’on a aujourd’hui, dit-il. Ces normes ont été faites à une époque où les individus restaient au sein de la même organisation pendant de longues années. Mais aujourd’hui, les gens changent d’organisation plus souvent, et ils recommencent donc à zéro avec deux semaines chaque fois, dans beaucoup de cas. »

Depuis plusieurs années, le Conseil de la famille et de l’enfance préconise une modification des normes pour accorder davantage de vacances aux travailleurs québécois. « Nous appuyons une augmentation des semaines de vacances, car pour nous, il est important que les familles aient du temps à passer ensemble, dit Marie Rhéaume, présidente du Conseil. C’est un point particulièrement sensible dans la vie des travailleurs et surtout ceux qui ont des enfants d’âge scolaire et préscolaire. »

Le Conseil recommande sans succès depuis 2002 que les normes soient modifiées pour que l’on accorde trois semaines de vacances payées à tout travailleur après un an de service continu auprès du même employeur.

Cette proposition n’obtient certainement pas l’appui du Conseil du patronat du Québec, indique Norma Kozhaya, économiste en chef et directrice de la recherche au CPQ.

« Il faut réaliser que chaque jour de travail en moins représente moins de production et moins de richesse qui se crée, dit-elle. Si on fait cela alors que nos voisins et concurrents, l’Ontario, les autres provinces et les États-Unis, n’ont pas les mêmes normes, cela pourrait affecter notre richesse collective. »

Ailleurs dans le monde, les pays qui offrent le plus de jours de congé payés et de vacances sont le Brésil et la Lituanie, avec 41 jours congés payés, dont 28 à 30 jours de vacances, selon un palmarès publié par l’Institut Mercer. Ils sont suivis par la Finlande, la France, la Russie (40 jours de congé au total), l’Autriche (38), la Grèce (37), le Royaume-Uni (37 jours de congé, dont 28 jours de vacances payées), la Pologne, la Suède et l’Espagne.

Mais on aurait tort de se comparer à l’Europe, soutient Norma Kozhaya. « En Europe, ils ont beaucoup plus de vacances, mais le contexte n’est pas le même. Il faut se comparer au contexte nord-américain. Au Québec, les conditions sont similaires à celles que l’on retrouve en Amérique du Nord. De plus, les Québécois travaillent moins, en termes d’heures totales dans une année, que dans le reste du Canada et aux États-Unis. »

S’abonner au bulletin de la CCI

ChargementChargement


Activités: Ateliers/Conférences/Bulletins

La CCI en collaboration avec différents partenaires vous proposera diverses activités de formation et de réseautage liées aux problématiques de l’entrepreneurship et au monde industriel.


CITIG

Le Centre d’innovation et de Technologies Industrielles de Granby (CITIG) est un incubateur industriel pour entreprises en amorçage. L’amélioration de la compétitivité globale de Granby et la région est au centre de son action.Le projet est issu d’une volonté du milieu de développer activement son économie.