19 décembre 2011 La Presse MARTIN PRIMEAU
Un nouveau fonds dédié aux technologies vertes
« On ne peut pas attendre que les gouvernements prennent les décisions. Il faut que le secteur privé se lève » — Stephan Ouaknine, président et fondateur d’inerjys
Le gouvernement canadien se retire peut- être du protocole de Kyoto, mais il en faudra plus pour freiner les projets ambitieux d’un Montréalais. De son bureau du quartier Griffintown, Stephan Ouaknine assemble un plan pour dynamiser les énergies renouvelables et les rendre accessibles aux consommateurs du monde entier.
« On ne peut pas attendre que les gouvernements prennent les décisions. Il faut que le secteur privé se lève » , lance d’emblée Stephan Ouaknine. Pour le moment, de 3 à 4% de l’électricité du monde provient des énergies vertes. Il faudrait déjà être à 80% ou 85%, mais au rythme où vont les choses, ça va prendre 100 ans pour atteindre cet objectif, et on n’a pas 100 ans. »
Animé par ce sentiment d’urgence, Stephan Ouaknine a passé la dernière l’année à intéresser les investisseurs de la planète à son projet: rassembler un milliard de dollars dans un fonds dédié au secteur des technologies vertes.
L’objectif est pour le moins ambitieux. À eux seuls, les actifs de Fonds Inerjys seront huit fois supérieurs à ceux que gère Cycle Capital Management, un fonds québécois qui oeuvre dans le même secteur. Jusqu’ici, la campagne de financement va bon train. Stephan Ouaknine af f i rme avoi r obtenu des engagements qui s’élèvent à 700 millions de dollars, et s’attend à fermer la boucle d’ici les premiers mois de 2012.
De ce milliard, 600 millions seront consacrés aux PME qui innovent en matière de technologies vertes. Énergies éolienne, solaire et hydraulique, production de biocarburants ou de systèmes de distribution et d’emmagasinage d’énergie : des dizaines d’entreprises engagées dans les énergies renouvelables viendront bientôt garnir le portfolio d’investissements d’inerjys. Son président en a déjà d’ailleurs une quarantaine dans sa mire.
« On investira dans des entreprises qui sont au pire à un an de la commercialisation, explique Stephan Ouaknine. Mais on va aussi investir dans les entreprises en démarrage. »
Inerjys offre déjà dans ses bureaux un espace dédié à l’incubation de ces petites entreprises. Une façon pour elle d’encadrer leur développement, mais aussi de réunir sous un même toit de potentiels partenaires d’affaires.
Un premier client
Les fonds de capital- risque comme celui que mettra bientôt de l’avant Inerjys interviennent à un moment où les PME ont besoin d’un coup de pouce financier pour maintenir ou accélérer leur croissance.
L’investissement représente toutefois un pari qui ne garantit pas au gestionnaire un retour sur son placement. Le risque est grand. Une fraction seulement des entreprises atteindra la rentabilité.
Le président d’inerjys en est bien conscient. « On a deux obsessions, dit- il. La rentabilité et les revenus. »
Pour accélérer l’atteinte de la profitabilité des entreprises de son fonds, Stephan Ouaknine travaille à la mise en place du second volet de son plan: Inerjys Renouvelables.
« On développe un client idéal pour nos entreprises » , explique- t- il.
Inerjys Renouvelables en est à ses débuts, mais compte déjà des filiales dans sept pays. À terme, ce producteur d’énergies « propres » achètera une partie des technologies développées par les entreprises du fonds. Une façon pour Inerjys de générer d’un côté un effet de levier et de l’autre des revenus.
« On va avoir une tolérance un peu plus grande au risque que la grande entreprise, indique Stephan Ouaknine. On va pousser l’innovation et lui faire faire ses premiers tests en même temps pour montrer aux autres entreprises que la technologie est bonne. »
Une stratégie ambitieuse d’intégration verticale qui risque de bousculer le secteur si elle remplit ses promesses.
« Inerjys Renouvelables aura ses filiales dans plusieurs pays et va éventuellement être suffisamment grande pour renverser la balance de pouvoir face aux équipementiers » , ajoute le président d’inerjys qui compare son modèle d’affaires à celui de Vodafone dans le secteur des télécommunications.
Des télécoms aux technologies vertes
La référence de Stephan Ouaknine aux télécoms n’est pas surprenante. L’homme de 37 ans a fait fortune dans ce secteur au cours des dernières années en lançant, puis en revendant pour des millions de dollars les entreprises Emblaze, Airslide et Blueslice. Une expérience qui lui a fait découvrir les rouages du financement, et dont il souhaite maintenant faire profiter les entreprises du milieu des technologies vertes.
« Notre fonds vient avec de l’argent, mais aussi avec la culture d’un investisseur et de son équipe qui comprennent la réalité de l’entreprise parce qu’ils ont été entrepreneurs par le passé. » , précise d’ailleurs le président d‘ Inerjys.
Un nouveau fonds dédié aux technologies vertes – La Presse Affaires
Bulletin CCI Volume 3 Numéro 6
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Les secrets d’un entrepreneur californien – La Presse Affaires
MARTIN PRIMEAU
La Presse
21 nov. 2011
Le parcours d’un entrepreneur est rarement exempt d’échecs, et celui d’eric Ries n’y fait pas exception. Pour ce jeune Californien, les insuccès auront toutefois été le catalyseur d’une nouvelle façon de concevoir le démarrage d’une entreprise. Une…lisez plus…
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Une tablette numérique pour la planète – La Voix de l’Est
La Voix de l`Est
21 nov. 2011
MONTRÉAL (LA PRESSE CANADIENNE) — Deux frères canadiens veulent offrir Internet à des milliards de personnes sur toute la planète. Raja Singh Tuli et son frère Suneet sont deux entrepreneurs d’origine indienne élevés au Canada qui possèdent Datawind,…lisez plus…
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Bulletin CCI Vol. 3 Numéro 5
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Le Ministère, en collaboration avec l’ambassade du Canada à Moscou, conduira, en novembre prochain, une mission commerciale dans le contexte du salon Woodex 2011.
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Ottawa veut moins de paperasse – La Presse Affaires
17 octobre 2011
La Presse
JOËL- DENIS BELLAVANCE
Ottawa veut moins de paperasse
OTTAWA — Après avoir réduit les taux d’imposition des entreprises et des sociétés, le gouvernement Harper veut s’attaquer aux réglementations qui irritent les entrepreneurs. L’objectif est simple: faire du Canada un des terreaux les plus fertiles de la planète pour ceux qui veulent brasser des affaires.
Après avoir passé les derniers mois à prendre le pouls des entrepreneurs au pays, le ministre d’État Maxime Bernier ( Petite Entreprise et Tourisme) constate qu’Ottawa doit faire un sérieux ménage dans ses réglementations pour faciliter la vie à ceux qui, selon lui, créent de la richesse au pays.
En tout, quelque 2300 irritants ont été identifiés durant les consultations menées par la Commission sur la réduction de la paperasse. Des irritants qui concernent divers ministères fédéraux et que le ministre Bernier promet d’éliminer.
M. Bernier est le président de cette commission mise sur pied par le premier ministre Stephen Harper en janvier et il doit remettre un rapport final d’ici à la fin de l’année.
Ces irritants ont été classés en fonction du ministère qui doit les corriger. Chaque ministère – Revenu Canada, Santé Canada, Industrie, Immigration et Citoyenneté, entre autres – devra prendre les moyens pour les éliminer.
« Si un entrepreneur passe du temps à remplir de la paperasse au niveau fédéral, il n’est pas en train de chercher des clients, il n’est pas en train d’innover, de développer son entreprise. Donc, cela nuit à la création de la richesse au pays. Nous voulons diminuer le temps que ces gens allouent à remplir de la paperasse et diminuer aussi leurs coûts de conformité à la réglementation » , a indiqué le ministre Bernier dans une entrevue à La Presse.
« Si un entrepreneur passe du temps à remplir de la paperasse au niveau fédéral, il n’est pas en train de chercher des clients, il n’est pas en train d’innover. » — Maxime Bernier, ministre d’état ( Petite Entreprise et Tourisme)
Retour à la page 1 « Les ministères touchés vont devoir agir rapidement. Le premier ministre nous a donné le mandat de faire bouger les choses. Le temps, c’est de l’argent pour les entrepreneurs » , a ajouté le ministre, qui tenait à souligner la Semaine de la petite entreprise ( semaine du 16 octobre) en réitérant cet engagement ferme contre la paperasse à Ottawa.
Depuis leur arrivée au pouvoir, les conservateurs ont fait passer le taux d’imposition des sociétés de 21% à 16,5% ( il passera à 15% en janvier prochain). Le taux d’imposition des petites entreprises est passé de 12% à 11%. Ottawa souhaiterait que le taux d’imposition combiné des entreprises ( fédéral/ provincial) oscille autour de 25%, soit l’un des taux les plus bas des pays industrialisés.
Cesmesures semblent rapporter des dividendes. Il y a deux semaines, le prestigieux magazine américain Forbes affirmait que le Canada est le meilleur pays pour faire des affaires. L’an dernier, le Canada s’était classé quatrième. De toute évidence, M. Bernier veut consolider cette bonne réputation du Canada en s’attaquant maintenant à la paperasse.
Le but n’est pas d’éliminer les réglementations qui touchent la sécurité publique ou protègent les intérêts des consommateurs, mais de réduire « les formalités administratives qui représentent un fardeau inutile et une source de frustration pour les entreprises » .
Bon nombre des irritants concernent évidemment l’administration et la présentation des déclarations de revenus, notamment les questions relatives au versement de la TPS/ TVH, le manque de souplesse dans la gestion des versements tardifs et des amendes, l’incohérence des interprétations des réglementations et l’absence de réponses écrites de la part de certaines agences, en particulier Revenu Canada. Certains entrepreneurs se sont aussi plaints du fardeau que représente l’obligation de remplir de nombreux sondages et la difficulté à joindre les fonctionnaires de certains ministères pour obtenir des réponses à leurs questions.
En entrevue, M. Bernier a indiqué avoir été interpellé par des entrepreneurs au sujet de réglementations qui relèvent des provinces. Dans son rapport final, il compte inviter les provinces à faire le même exercice que le gouvernement fédéral.
« Nous allons respecter les champs de compétence des provinces. Mais je vais relever que j’ai entendu des entrepreneurs soulever des irritants qui relèvent des compétences des provinces. Nous allons faire des efforts de notre côté. Il serait intéressant que les provinces le fassent aussi. La Colombie-Britannique l’a fait. La province a réduit la réglementation de 20% il y a deux ans » , a ditM. Bernier.
Starbucks se transforme en Pôle Emploi!
Starbucks se transforme en Pôle Emploi!

Une marque peut-elle réellement changer le destin d’un pays? Peut elle aller à l’encontre d’un système économique et politique ayant contribué à sa croissance? Le cafetier lance un programme intitulé «Jobs for USA», qui pourrait aussi devenir un mouvement…
Pour ceux qui l’ignoraient encore, notre civilisation vit une crise sans aucune commune mesure. Notre système s’effondre tranquillement, et hormis colmater les brèches, les décideurs de ce monde, qu’ils soient politiques ou économiques paraissent volontairement ou pas, désarmés face à cette lente sinistrose qui recouvre l’intégralité du Globe.
Pourtant, certaines initiatives commencent à pointer le bout de leur nez dont celle qui vient d’être initiée par le président de Starbucks, Howard Schultz. Partant du postulat qu’il y a aux Etats-Unis un énorme désaveu du peuple envers les institutions, et qu’il faut arrêter d’attendre des solutions qui ne viendront jamais, Starbucks a décidé de proposer aux Américains, des emplois ailleurs que dans ses établissements.
La marque, classée 96è au dernier classement Interbrand 2011, vient de mettre en place «Jobs for USA». L’opération lancée pour une durée illimitée, commencera dès le 1er novembre. Tous les cafés de la société seront mis à contribution en proposant aux clients de donner une somme minimale de 5 dollars qui sera directement reversée au «Opportunity Finance Network» (OFN), dont la mission sera de répartir équitablement les fonds perçus, à des petits entrepreneurs ou à la création de projets locaux.
Pour donner la première impulsion, Starbucks va verser de sa poche une enveloppe de 5 millions de Dollars provenant directement de sa fondation. Et parfois, d’un programme à un mouvement patriote, comme seuls les Américains savent le faire, il n’y a qu’un pas. Chaque donateur recevra un bracelet aux couleurs du «Stars and Stripes», avec une petite plaque sur laquelle figurera la mention «indivisible»… Rien de mieux pour rendre fier de sa contribution un fils de l’Oncle Sam.
Mais le plus étonnant, contrairement à d’autres marques comme Pepsi qui aident aussi les communautés à se redresser, est le discours de Starbucks et son président Howard Schultz. Ses propos tenus sur ABC NEWS la semaine dernière ont été très durs: «les divisions au sein de l’Amérique sont avant tout dues à une énorme crise de confiance envers notre économie. Il n’y a pas de division entre les patrons et les travailleurs. Le problème est surtout de savoir ce qui se passe à la Maison Blanche et pourquoi le gouvernement n’amène aucune solution».
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Intervention d’Howard Schultz sur ABC World
Une véritable charge contre l’administration Obama, qui fait désormais de Starbucks, une marque engagée tenant un discours du même acabit qu’une ONG comme Greenpeace… Alors oui, on le sait. L’avenir appartient aux marques. Leur puissance économique est telle qu’elles ne se contenteront bientôt plus de faire uniquement du lobbying discret, mais pourraient prendre partie et devenir un véritable contre-pouvoir. Une force qui aurait l’image du défenseur de la veuve et de l’orphelin contre les méchants gouvernements…
H.Schultz pense même que sa contribution va aider les USA à sortir de la récession en misant sur l’économie locale mais aussi influencer d’autres marques et les persuader de suivre son exemple. Starbucks ne s’arrête pas à ce projet puisque la marque vient aussi de créer la sensation en ouvrant à New York et Los Angeles deux établissements en partenariat avec des associations et qui proposeront des produits bon marché pour les moins fortunés.
Avec 200 personnes employées par jour, un plan d’embauche de 70 000 personnes respecté pour 2011, 200 nouveaux magasins ouverts sur le territoire et plus de 1700 qui vont être rénovés, Starbucks a de quoi faire valoir ses prises de position. Le cafetier n’hésite pas à mettre en avant sa valeur ajoutée dans le développement communautaire des villes américaines, et tant qu’il aura le vent en poupe, le message restera tranchant.
Le comportement de Starbucks pourrait inspirer d’autres grandes marques mondiales désireuses de relancer l’économie pour leurs bien en s’engageant dans un discours qui ne serait plus aseptisé. Les marques vont-elles se mettre à faire de la politique et du politique? Ce qui peut paraître grossier aujourd’hui, ne le sera peut-être pas pour les futures générations…
Gaël Clouzard
Source: @luckthelady / thedailybeast.com / Starbucks.com
Le Canada, meilleur pays pour les affaires – La Presse Affaires
5 octobre 2011
La Presse
LA PRESSE CANADIENNE
Le Canada, meilleur pays pour les affaires
Les défenseurs de la taxe de vente harmonisée font valoir que la taxe aide les entreprises à réduire les coûts des intrants et les rendent plus efficaces en diminuant leur quantité de paperasse.
Forbes a aussi évoqué les taux d’imposition plus TORONTO— Le Canada est le meilleur pays pour faire des affaires, selon le magazine d’affaires américain Forbes, qui le classait l’an dernier quatrième sur ce même palmarès.
L’influente publication d’affaires a attribué cette amélioration en pa r tie à l ’ introduction de la taxe faibles pour les entreprises et les employés.
Important débat
Les taux d’imposition des entreprises ont fait l’objet d’un important débat lors de la plus récente campagne électorale fédérale, tandis que la Colombie-Britannique a récemment tenu un référendum au cours duquel la majorité de la population s’est exprimée en faveur de l’abandon de la taxe de vente harmonisée.
Le magazine Forbes a en outre vanté les mérites des banques canadiennes pour avoir évité la crise financière amorcée en 2007 et s’être imposées parmi les institutions financières les plus solides au monde.
Le Canada s’est classé devant la Nouvelle-Zélande et Hong Kong, respectivement deuxième et troisième. Les États-Unis ont pour leur part glissé d’un rang pour se retrouver en 10e position.
L’évaluation de Forbes reposait sur 11 différents facteurs, incluant le droit à la propriété, l’innovation, l’imposition, la technologie, la corruption, la liberté, la paperasse, la protection des investisseurs et la performance des marchés d’actions.
9800 km pour 83$ d’électricité – Distinguer le vrai du faux – La Lito Sora électrique – La Presse Affaires
3 octobre 2011
La Presse
VIOLAINE BALLIVY
9800 km pour 83$ d’électricité
« Je n’éprouve pas de remords quand je roule. Je peux faire des tours de voiture juste pour le plaisir, je ne pollue pas ! »
Certains automobilistes paient 83$ pour faire un seul plein d’essence. Pierre Séguin, lui, a parcouru 9800 km avec sa voiture pour la même somme. Et ce, sans jamais s’arrêter dans une station-service. Jamais!
Le réalisateur de La petite vie ne plaisante pas. Pierre Séguin est l’heureux – et le mot est très, très faible – propriétaire depuis l’an dernier d’une Tesla entièrement électrique, premier véhicule du genre qui avait été autorisé à circuler sur les autoroutes du Québec et du Canada. Après 15 mois d’utilisation quasi quotidienne, son sourire est toujours aussi sincère quand il en parle. Pas de mauvaises surprises, pas de déceptions, pas de lassitude. « C’est la parfaite combinaison pour ceux qui veulent être “ verts”, mais qui sont aussi des passionnés d’automobiles, dit-il au volant de son bolide. Je n’éprouve pas de remords quand je roule. Je peux faire des tours de voiture juste pour le plaisir, je ne pollue pas ! »
Les sceptiques auront beau chercher: il n’y a aucun pot d’échappement dissimulé à l’arrière de la voiture pour évacuer du monoxyde de carbone, pas de réservoir à essence sous la carrosserie. La Tesla Roadster compte 290 chevaux, mais 0 cylindre… « Quand je suis passé au bureau d’immatriculation, on ne me croyait pas » , se rappelle M. Séguin qui, avec le temps, a dû s’habituer à répondre aux mille et une questions des curieux. « Je donne des miniconférences de presse à tous les coins de rue ! Des policiers m’ont même déjà arrêté pour savoir quelle voiture je conduisais. » Au total, 1850 Roadster ont été écoulées dans une trentaine de pays depuis la mise en marché de la voiture.
Le propriétaire n’a aucun souci mécanique à relever. « Je n’ai pratiquement pas d’entretien à faire: il n’y a que trois liquides qui circulent dans la voiture [ du glycol pour réguler la température de la batterie, du liquide à frein et du lave-glace]. Il n’y a pas de radiateur, pas de ligne à gaz… c’est à peine plus complexe qu’une machine à coudre ! » Il faut dire que sa Tesla n’a pas eu à affronter les rigueurs de l’hiver : modèle cabriolet oblige, elle a été remisée après les premières neiges, en décembre, et ressortie en avril.
Petits bémols
Ce n’est que parce que l’on insiste que Pierre Séguin finit par soulever quelques petits inconvénients. À commencer par l’usure précoce des pneus arrière, qu’il a dû changer après 11 000 km, causée sans doute par le lourd poids de la batterie et la friction en décélération qui permet la recharge de la batterie. En contrepartie, les freins devraient s’user moins rapidement, prévoit-il.
Puis, il faut avouer que l’autonomie de la voiture, l imitée pour l ’ inst ant à 350 km environ, gagnerait à être bonifiée. Pour le métro-boulot-dodo, pas de souci : Pierre Séguin n’a qu’à brancher sa voiture quelques soirs par semaine à la ligne d’alimentation de 220 V qu’il a installée sur la place de stationnement de son condo. En quatre heures à peine, la recharge sera terminée, ou une douzaine d’heures si la voiture est alimentée par du 110 V.
La planification des voyages est toutefois un peu plus compliquée. Une grande virée en Gaspésie ou un long week-end à New York ne sont pas exclus d’office. Mais il faudra diviser la route et prévoir les arrêts pour refaire le plein d’énergie, idéalement pendant la nuit dans un hôtel. « Je ne peux pas faire 600 km d’une traite » , concède-t-il. D’où l’importance de créer le réseau de bornes électriques, penser à en installer près des restaurants, des haltes routières, dans des stationnements publics.
Mais tous ces bémols sont facilement effacés par la satisfaction d’avoir le sentiment de pouvoir faire un « pied de nez » aux pétrolières « qui se fichent de nous en jouant au yo-yo avec le prix de l’essence. C’est un gros lobby et les gens en ont de plus en plus ras le bol » . À commencer par lui.
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3 octobre 2011
La Presse
ÉRIC LEFRANÇOIS
COLLABORATION SPÉCIALE
Distinguer le vrai du faux
Un jour, il faudra bien laisser tomber certains mythes et légendes entourant les véhicules électriques. Mais certaines affirmations sont exactes, ne serait- ce qu’en partie. Donc, en voici cinq. Certaines fondées, d’autres, à débrancher.
1 – L’autonomie des batteries demeure trop faible.
PHOTO KAI PFAFFENBACH, REUTERS Plusieurs entreprises et commerces projettent d’installer des bornes de recharge dès janvier 2012 auQuébec. Ci-dessus, des Smart électriques alignées à une station de recharge, lors du salon de l’auto de Francfort, le mois dernier.
Pour vous rendre à Québec, sans l’ombre d’un doute. À moins de rouler avec un fil à la roue. Les Nissan Leaf et Mitsubishi i-MiEV peuvent parcourir une centaine de kilomètres tout au plus. Donc, tant que de puissantes infrastructures ne sont pas en place, pas question d’envisager de prendre la route des vacances à bord de ces automobiles. Voilà pourquoi des constructeurs comme Chevrolet ( Volt) ou Audi ( A1 E-Tron) offrent des véhicules hybrides à autonomie prolongée grâce à l’appoint d’un moteur à essence…
Cela dit, il convient de souligner que les Canadiens parcourent en moyenne quotidiennement moins de 60 km par jour. Sceptiques? Alors mettez le compteur kilométrique de votre véhicule à zéro.
2 – La réussite commerciale des véhicules électriques repose essentiellement sur les infrastructures.
Si l’on prête foi à la statistique, c’est faux. Les propriétaires de véhicules électriques feront de leur résidence leur principale « station-service » . Plusieurs entreprises et commerces projettent malgré tout d’installer des bornes de recharge, et ce, dès janvier 2012 au Québec.
3 – Le temps de recharge est trop long.
Vrai. Sur une prise domestique, la patience est de mise. Il faut compter près de 20 heures pour recharger complètement les batteries. Il est possible d’accélérer le tout en optant pour une borne de recharge de 240 V, laquelle permet de retrancher de plus de moitié le temps de recharge. Une fois le processus d’homologation terminé au Canada – ce qui ne devrait pas tarder –, des bornes à recharge rapide ( 400 V) seront installées. Celles-ci assurent une recharge complète en quelque 30 minutes, soit en moins de temps qu’il n’en faut pour faire son épicerie. Voilà une légende urbaine. Jusqu’ici, aucun cas d’électrocution n’a été rapporté, si ce n’est en Formule 1 [ août 2008, écurie Sauber-BMW] lors de tests de mise au point du système de récupération d’énergie ( KERS). L’industrie a conçu de multiples dispositifs de sécurité pour couper l’alimentation instantanément en cas d’impact ou de submersion. En fait, un véhicule tout électrique s’avère plus sûr qu’une voiture équipée d’un moteur à combustion interne s’alimentant d’un combustible hautement inflammable. Voilà une affirmation partiellement fausse. Étantdonné le rabais offert actuellementpar le gouvernement duQuébec et le coût d’utilisation de ce véhicule, la proposition mérite considération. D’autant plus que certains privilèges sont envisagés par les autorités pour faciliter leur mobilité comme celui de leur accorder une voie réservée, par exemple.
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3 octobre 2011
La Presse
PIERRE- MARC DURIVAGE
La Tesla des motos, made in Québec
La Lito Sora électrique est conçue et fabriquée à Longueuil
« J’ai eu l’idée de développer unemoto électrique, surtout qu’il n’y avait rien de tel sur lemarché aumoment où l’on a commencé à travailler là- dessus, à la fin de 2008. » — Jean- Pierre Legris, fondateur de Lito Greenmotion
C’est à deux roues que le Québec pourrait faire samarque dans le milieu des véhicules électriques.
PHOTO FOURNIE PAR LITO GREEN MOTION À 43 000$ la moto, on est conscient chez Lito de s’adresser à une clientèle aisée. La Sora peut atteindre une vitessemaximale de 175 km/ h, alors que son autonomie est de 300 km à une vitesse urbaine moyenne de 45-50 km/ h. Elle file de 0 à 100km/ h en 4,5 secondes.
La Lito Sora, une moto à la mine patibulaire de style bobber, en est à ses derniers kilomètres d’essais, quelque part sur les routes poussiéreuses du Texas. Mais c’est à Longueuil qu’elle a été conçue et fabriquée, par une équipe entièrement québécoise.
« J’ai d’abord pensé lancer une entreprise de voitures électriques, mais ça s’est révélé beaucoup trop complexe en frais et en tests de toutes sortes, a indiqué Jean-Pierre Legris, fondateur de LitoGreenMotion. J’ai donc eu l’idée de créer une moto électrique, surtout qu’il n’y avait rien de tel sur le marché au moment où l’on a commencé à travailler là-dessus, à la fin de 2008. »
Les sociétés américaines Brammo et Zero commençaient alors la conception de leurs propres produits, des motos légères destinées au grand public. Lito vise plus haut. « Nous avons choisi le haut de gamme parce que les véhicules électriques séduisent pour l’instant une clientèle à l’affût des dernières tendances et qui est prête à payer pour ne pas faire de compromis sur la performance. On se voit un peu comme la Tesla des motos » , a précisé M. Legris.
À 43 000$ la moto, on est conscient chez Lito de s’adresser à une clientèle aisée. Selon M. Legris, les caractéristiques techniques de la Sora justifient ce prix, surtout quand on les compare à ce qui a été offert jusqu’à ce jour sur lemarché de la moto électrique. La Sora peut atteindre une vitesse maximale de 175 km/ h, alors que son autonomie est de 300 km à une vitesse urbaine moyenne de 45-50 km/ h. Elle file de 0 à 100 km/ h en 4,5 secondes.
Son ensemble de piles lithium-ion-polymère de 12 kWh est rechargé en 8 à 10 heures sur une prise standard de 110V; à l’aide d’un chargeur rapide, le temps de recharge peut s’effectuer en moins de deux heures.
Caractéristiques inédites
La plus proche concurrente de la Sora, la Brammo Empulse, affiche pour le tiers du prix des performances similaires, mais son autonomie est réduite de moitié, ce qui la confine à la ville et sa banlieue. Il faut donc plus qu’une autonomie prolongée pour accepter de débourser autant d’argent et c’est pourquoi Lito a mis le paquet en investissant plus d’un million en recherche et développement. L’entreprise de Longueuil a notamment obtenu la collaboration du designer Martin Aubé et de chercheurs de l’Institut du Transport avancé du Québec, du Centre d’innovation en microélectronique du Québec, d’Alcoa Innovation et de l’École des hautes études commerciales.
La Sora – le mot veut dire « ciel » en japonais – offre ainsi de nombreuses caractéristiques inédites. Le pilote a le choix de trois modes de conduite: le mode performance, qui offre un maximum de puissance et de couple à la poignée droite, le mode promenade, qui limite les accélérations intempestives, et le « Safe range system » , qui calcule automatiquement l’énergie nécessaire pour se rendre à la destination programmée par le conducteur dans le GPS de l’ordinateur de bord. Ainsi, plus le point d’arrivée est éloigné, plus la puissance sera limitée puisque le mandat de l’ordinateur sera d’éviter à tout prix la panne sèche. Quitte à rouler à 20 km/ h s’il le faut… Ce rassurant dispositif, sur le point d’être breveté, pourrait d’ailleurs être vendu à d’autres constructeurs de véhicules électriques.
Autre innovation intéressante, un siège électrique qui permet de changer la position de conduite du pilote, même si la moto est en marche. Le motocycliste peut donc avoir le choix d’une multitude de positions, de la selle basse propre aux motos custom à la position relevée desmotos sportives.
La Sora retient les services d’une boîte à variation continue, ce qui lui permet d’offrir de bonnes accélérations sans compromettre la vitesse de pointe, de même qu’un système de freinage régénératif et un ordinateur de bord à écran tactile.
Est-ce que tout ça est suffisant pour assurer le succès de la Sora? Manifestement, oui : « Notre clientèle est confirmée. La demande est incroyable, on a reçu plus de 800 demandes d’essais, plus de 80 demandes de distribution de quelque 50 pays, a assuré M. Legris. Nous avons donc franchi l’étape des études de marché, la réception est unanimement positive. »
Lito vise au départ une production de petite série de 50 à 100 véhicules par année. « Si tout va bien, on aimerait passer à 500 véhicules en 2013 et nous nous ajusterons à la demande par la suite » , a dit M. Legris, lucide. Les premières livraisons se feront à la fin de l’année, d’abord en Europe et aux ÉtatsUnis et peu de temps après au Canada.
Relève – ACHETER UNE ENTREPRISE APRÈS 50ANS – La Presse Affaires
27 septembre 2011
La Presse
STÉPHANE CHAMPAGNE
COLLABORATION SPÉCIALE
ACHETER UNE ENTREPRISE APRÈS 50ANS
Le marché québécois de la vente et de l’achat d’entreprises n’a jamais été aussi actif. Des entrepreneurs veulent vendre, d’autres cherchent à acheter. Des entreprises d’ici passent à des contrôles étrangers. La Presse a interviewé des experts et des entr
Acheter une entreprise lorsqu’on est en âge de se retirer n’est donc pas mauvais en soi. Ce qui peut le devenir, c’est lorsqu’une acquisition se fait sur un coup de tête, sans planification.
Les gens d’affaires sont-ils vraiment capables de prendre leur retraite ? Et si oui, un retour est-il envisageable après une période d’inactivité? Bref, y a-t-il un âge limite pour acheter une entreprise ?
PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE Raymond Talbot a décidé en 2006, à 54 ans, d’acquérir la boulangerie Auger de Saint-Jérôme. « Je ne voulais pas reprendre les opérations quotidiennes. Mais j’ai été là cinq ans, le temps d’accompagnermon fils Guillaume, qui est aujourd’hui le patron de la boulangerie » , dit-il.
Visiblement pas. Plusieurs chefs d’entreprise, en manque de défis ou las de jouer au golf, rachètent une PME après avoir pensé, à tort, que l’heure de la retraite avait sonné. Bien sûr, les gens qui se lancent en affaires pour la première fois après 50 ans ne sont pas légion. Mais les cinquantenaires, voire les sexagénaires, qui achètent une énième entreprise ne sont pas si rarissimes. La plupart d’entre eux le font pour l’offrir à leurs descendants, parce qu’ils veulent relever de nouveaux défis ou parce qu’ils veulent jouer les mentors.
Prenez le cas de Raymond Talbot qui, à 54 ans, a mis la main sur une boulangerie dans le but avoué de la léguer à ses trois enfants. Ou bien Gilles Lafond, 68 ans, qui est sur le point d’acheter sa huitième entreprise en partenariat avec des jeunes à qui il sert de mentor. Bien qu’intéressante, leur histoire ( voir autre texte) n’a rien d’anormal.
Acheter une entreprise lorsqu’on est en âge de se retirer n’est donc pasmauvais en soi. Ce qui peut le devenir, c’est lorsqu’une acquisition se fait sur un coup de tête ou qu’elle n’a pas été planifiée. La grande majorité des entrepreneurs québécois n’ont pas de plan de relève. Imaginez ceux qui achètent une entreprise quand ils ont franchi le cap de la cinquantaine!
Selon Édith Jacques, associée chez Lavery, il suffit de bien s’entourer et de prendre quelques précautions afin d’éviter le pire. « La grande majorité des repreneurs ont de 35 à 50 ans, ce qui leur laisse du temps pour bâtir un capital, pour faire grandir leur entreprise. Quand une personne plus âgée fait une acquisition, l’une des avenues les plus courantes est l’assurance vie. Mais attention: plus on est âgé, plus une assurance vie coûte cher » , dit l’avocate spécialisée en droit des affaires.
D’ailleurs, dit-elle, il n’existe pas de formule universelle quand un chef d’entreprise veut protéger ses arrières. « J’ai déjà eu un dossier où le chef d’entreprise n’était pas assurable. Or, comme son entreprise valait des millions et que ses enfants n’auraient pas eu les reins assez solides en cas de pépins, l’actionnaire vendeur a dû financer lui-même la transaction. Dans ce cas-ci, les profits de l’entreprise servaient à payer une partie de la transaction » , explique Édith Jacques.
Bref, mieux vaut s’asseoir avec un avocat et un fiscaliste afin de déterminer quelles sont les options les plus avantageuses pour celui ou celle qui achète une entreprise plus tard dans la vie.


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