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Croissance économique plus forte que prévu au Canada – La Presse

Croissance économique plus forte que prévu au Canada

Publié le 28 février 2011 à 08h41 | Mis à jour à 09h47

L'augmentation de la demande d'exportations a été principalement... (PHOTO J.P. MOCZULSKI, ARCHIVES REUTERS)

PHOTO J.P. MOCZULSKI, ARCHIVES REUTERS

L’augmentation de la demande d’exportations a été principalement à l’origine de la croissance du PIB du Canada au quatrième trimestre.

    Agence France-Presse
    Montréal

L’économie canadienne a connu une nette accélération de la croissance au quatrième trimestre, le produit intérieur brut augmentant de 3,3% en rythme annuel, surtout grâce aux exportations de pétrole, a annoncé lundi Statistique Canada.

Ce chiffre est supérieur aux prévisions des analystes qui tablaient sur une croissance de 3%.

La croissance du troisième trimestre a été révisée à la hausse, à 1,8% contre 1,0% estimé en novembre, a précisé Statistique Canada.

En comparaison, le PIB réel des États-Unis a affiché une hausse de 2,8% au quatrième trimestre.

Sur l’ensemble de l’année 2010, le PIB réel du Canada a progressé de 3,1%, après avoir reculé de 2,5% en 2009.

La progression des exportations (4,0% au quatrième trimestre), et notamment de celles de produits énergétiques (+17%, alors que les ventes de pétrole à l’étranger ont crû de 30% en volume), a été l’une des principales sources de l’accélération de la croissance en fin d’année. La balance commerciale avait affiché un excédent en décembre pour la première fois depuis dix mois.

La croissance du volume des importations a en revanche ralenti, à 0,1%, le taux le plus faible en six trimestres. Celles d’automobiles et pièces détachées ont ainsi baissé de 5,2%.

La demande intérieure finale s’est accrue à la suite de l’augmentation de 1,2% des dépenses des consommateurs, indique par ailleurs Statistique Canada. En particulier, les achats de biens durables ont progressé de 2,9%, après 0,6% au troisième trimestre.

Les entreprises ont réduit la valeur de leurs stocks au quatrième trimestre, après d’importantes accumulations aux deux trimestres précédents. Leurs investissements en usines et en matériel ont augmenté pour le quatrième trimestre d’affilée, tandis que l’investissement dans le logement est resté en baisse.

La bonne performance de l’économie dépasse les prévisions données en janvier par le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui tablait sur une croissance de 2,3%, tout en laissant entendre qu’elle pourrait être plus forte.

Pour l’ensemble de l’année 2010, M. Carney avait prédit une croissance de 2,9%. Il compte sur 2,4% en 2011, dont 2,5% au premier trimestre, et sur 2,8% en 2012.

Le huard flirte avec la parité – La Presse Affaires

Le huard flirte avec la parité

Publié le 14 octobre 2010 à 09h37 | Mis à jour à 10h10

Le huard en hausse à l'ouverture des marchés.... (Photo: Reuters)Agrandir

Photo: Reuters

Le huard en hausse à l’ouverture des marchés.

    Agence France-Presse

Le dollar canadien valait un peu plus que la monnaie américaine, en matinée jeudi. C’est la première fois que le huard dépasse le billet vert depuis la fin d’avril. À l’ouverture des marchés domestiques, jeudi, le dollar canadien valait 99,96 cents US, en hausse de 0,44 cent.

Le dollar américain, lui, se transigeait à 100,04 cents CAN, en baisse de 0,44 cent.

En même temps, le dollar américain a chuté jeudi à son plus bas niveau depuis 15 ans face au yen et en près de neuf mois face à l’euro, les investisseurs pariant sur de prochaines mesures d’assouplissement monétaire de la Banque centrale américaine (Fed).

Le dollar est tombé à 81,12 yens à 14h40 à Tokyo, soit 5h40 GMT, sa valeur la plus faible depuis avril 1995, avant de très légèrement remonter à 81,25 yens à 7h20 GMT. Il cotait encore 81,79 yens mercredi à 21h GMT à New York.

Le billet vert a baissé aussi face à l’euro, qui est monté jusqu’à 1,4103 dollar à 6h59 GMT, avant de quelque peu refluer, à 1,4086 dollar à 7h20 GMT. La monnaie unique européenne ne valait que 1,3958 dollar mercredi à 21h GMT.

Les opérateurs continuaient de vendre des billets verts, après la publication mardi des minutes de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine.

Ce document a montré que la Fed envisageait une injection de liquidités pour relancer l’économie, ce qui pourrait entraîner une détente des taux d’intérêt aux États-Unis et affaiblir de nouveau le dollar.

Le billet vert était aussi victime de la décision, jeudi, de la banque centrale de Singapour de laisser sa monnaie nationale s’apprécier, ce qui a incité les opérateurs sur place à vendre des dollars américains contre des dollars de Singapour, puis entraîné le billet vert à la baisse partout en Asie.

«La décision de Singapour a renforcé les spéculations sur la poursuite de la montée des devises asiatiques», a expliqué Yasuyuki Takeuchi, courtier à la banque Mitsubishi UFJ.

Les opérateurs se demandaient, en outre, si les autorités japonaises pourraient intervenir de nouveau sur le marché des changes pour contrer la baisse du dollar face au yen, comme elles l’ont fait le 15 septembre pour la première fois en six ans.

Jeudi, le premier ministre japonais, Naoto Kan, a appelé la Corée du Sud et la Chine à agir «de façon responsable, conformément aux règles communes», rappelant que les pays du G20 devaient se garder «d’abaisser artificiellement la valeur de leur monnaie».

Le ministre nippon des Finances, Yoshihiko Noda, a même lancé jeudi que la Corée du Sud devrait, en tant que présidente en exercice du G20, «fournir des réponses claires» sur ce point lors du sommet du groupe en novembre à Séoul.

Un haut responsable du ministère des Finances japonais s’est toutefois excusé pour les propos de M. Noda, a assuré Séoul, alors que la possibilité d’une «guerre des monnaies» est évoquée partout dans le monde.

Selon M. Takeuchi, «le Japon aura du mal à intervenir sur le marché après avoir appelé ses voisins à la responsabilité».

Le gouvernement nippon opère toutefois un distinguo entre sa propre intervention sur les changes et celle de ses voisins.

Tokyo explique avoir agi exceptionnellement pour entraver une hausse trop rapide du yen, mais accuse Séoul de vendre systématiquement sa monnaie nationale pour l’affaiblir et reproche à Pékin de ne pas laisser sa propre devise monter comme il se devrait.

Le dollar était repassé au-dessus de 85 yens après la vente massive de yens par Tokyo mi-septembre mais la devise nippone a repris sa hausse depuis. Un yen trop fort lamine la compétitivité des groupes japonais à l’étranger et réduit la valeur de leurs profits rapatriés dans l’archipel.

Le gouvernement nippon a déclaré plusieurs fois qu’il interviendrait de nouveau «si nécessaire» sur le marché des changes.

- Avec La Presse Canadienne

La morosité des ménages américains s’aggrave

* 29 septembre 2010
* La Presse Affaires
* RUDY LE COURS

La morosité des ménages américains s’aggrave

La confiance des ménages américains continue de se détériorer et un nombre de plus en plus grand croient que leur sort va se détériorer au cours des prochains mois.

PHOTO TIM BOYLE, ARCHIVES BLOOMBERG

Devant l’impasse qui nourrit l’incertitude, la morosité se propage aux États-Unis. La situation difficile du marché de l’habitation l’attise tout autant. La fin du programme de crédit d’impôt fédéral sur l’achat d’une propriété ralentit non seulement les mises en chantier, mais aussi les prix sur le marché de la revente.

Le marasme persistant sur les marchés du travail et de l’habitation fait craindre que la sous-utilisation des capacités industrielles persistera durant encore plusieurs trimestres.

L’indice de confiance du Conference Board est passé de 53,2 à 48,5 d’août à septembre, son niveau le plus bas depuis février. Il s’agit du troisième recul en quatre mois.

« Cela est d’autant plus inquiétant que la baisse du mois de septembre provient essentiellement de la composante associée aux anticipations des consommateurs», fait remarquer Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins. Celle-ci est passée de 72 à 65,4.

Cela fait craindre à plusieurs que la consommation ralentisse davantage. En fait, note Alistair Bentley, économiste chez Banque TD, le comportement des consommateurs des derniers mois a été plus encourageant que le suggère l’indice du Conference Board.

Cela dit, le pessimisme grandissant quant aux perspectives est de mauvais augure pour les chiffres de l’emploi de septembre, attendus le 8 octobre. Ce seront les derniers rendus publics avant les élections de mi-mandat du début de novembre. Le taux de chômage se situait à 9,6% en août.

Au Sénat, la majorité démocrate a échoué hier dans sa tentative de faire adopter un projet de loi prévoyant des baisses d’impôt pour les entreprises qui rapatrient des emplois préalablement délocalisés. Les républicains, et quelques démocrates aussi, exigent plutôt la reconduction intégrale des baisses d’impôt sur le revenu des particuliers, adoptées par l’administration de George W. Bush et qui viennent à échéance le 1er janvier. Le président Barack Obama désire reconduire seulement celles qui touchent les ménages dont le revenu est inférieur à 250 000 $, ce qui représente 97 % des ménages américains.

Devant l’impasse qui nourrit l’incertitude, la morosité se propage. La situation difficile du marché de l’habitation l’attise tout autant. La fin du programme de crédit d’impôt fédéral sur l’achat d’une propriété ralentit non seulement les mises en chantier, mais aussi les prix sur le marché de la revente.

L’indice S& P/Case-Shiller qui prend le pouls de ce marché a reculé en juillet, après un gain en juin. Sur une base annuelle, l’augmentation des prix est passée de 4,2 % à 3,2 %. Avec ce faible gain annuel, les prix sont encore à 27,2 % de leur sommet pré-récession. Au pire de la crise l’an dernier, ils étaient à 32,6 %. La remontée est très lente.

Selon Andrew Tilton, économiste chez Goldman Sachs, il y a toujours surcapacité sur le marché de l’habitation avec un taux de vacance de 2,5 % pour les propriétés et de 10,6 % pour le segment locatif.

Par ailleurs, le taux d’utilisation des capacités manufacturières s’élève à seulement 72,2% alors que l’écart entre la production réelle et potentielle de l’économie américaine atteint presque 4 %, selon l’OCDE.

Tout cela fait en sorte que l’inflation restera sous la zone de confort de la Réserve fédérale américaine pendant encore près de trois ans, malgré les pressions sur les prix exercées par les importations, d’après les simulations de Goldman Sachs. Cela laisse présager une croissance très lente et une faible création d’emplois durant cette période.

Peut-on faire preuve d’optimisme dans ce contexte?

Les exportations canadiennes souffrent – La Presse Affaires

* 10 septembre 2010
* La Presse Affaires
* RUDY LE COURS

Les exportations canadiennes souffrent
à un niveau record

«La profonde détérioration du commerce canadien ces derniers mois est la pièce à conviction numéro un de la manière dont le ralentissement américain nous frappe.» — Douglas Porter, économiste en chef adjoint, BMOMarchés des capitaux

Le ralentissement de la consommation américaine pèse lourd sur le commerce international canadien.

Notre balance commerciale s’est enfoncée dans le rouge pour le troisième mois d’affilée en juillet pour atteindre la somme record de 2,7 milliards de dollars, ce qui a surpris la plupart des experts. L’abysse précédent de 1,8 milliard avait été enregistré en juin, indiquait hier Statistique Canada.

Mis à part les biens industriels, les exportations ont reculé dans la plupart des secteurs, le déficit des produits de l’automobile ayant même atteint 1 milliard.

Cela reflète un moindre engouement des Américains pour les produits canadiens. En fait, nos exportations au sud de la frontière ont diminué de plus d’un demi-milliard, tandis que nos achats de marchandises américaines ont augmenté de plus de 600 millions. Au final, le surplus commercial de nos échanges avec les États-Unis a fondu de moitié et ne s’élève plus qu’à un peu moins de 1,2 milliard. «C’est le plus faible en 18 ans, fait remarquer Krishen Rangasamy, économiste chez CIBC. La demande américaine n’est vraiment plus ce qu’elle était.»

Notre déficit récurrent avec l’Union européenne a diminué de 300 millions en raison de livraisons exceptionnelles d’or non monétaire au Royaume-Uni. Celui avec les autres pays du monde (hormis le Japon) s’est accru à cause surtout de plus grandes importations de pétrole.

Seul élément peut-être lumineux dans cette grisaille commerciale, la poussée de 2% de la valeur des importations contient une bonne part de machines et équipement, signe que les entreprises continuent d’investir. Cette catégorie est à la hausse pour le sixième mois d’affilée.

Exprimées en volume plutôt qu’en valeur, les exportations ont stagné, tandis que les importations ont continué d’augmenter. « La profonde détérioration du commerce canadien ces derniers mois est la pièce à conviction numéro un de la manière dont le ralentissement américain nous frappe », résume Douglas Porter, économiste en chef adjoint chez BMO Marchés des capitaux.

Il fait ressortir aussi que les croissances canadienne et américaine faiblissent toutes deux, mais pour des raisons opposées.

Chez nous, la demande intérieure pousse l’expansion, tandis que le commerce extérieur la freine. Aux États-Unis, la demande intérieure faiblit, mais le déficit commercial se résorbe.

Chez nos voisins, le déficit est passé de 49,8 à 42,8 milliards, de juin à juillet, en raison d’un recul de 2 % des importations jumelé à une avancée de 1,8 % des ventes à l’étranger.

À hauteur de 158,3 milliards, elles ont rejoint leur niveau d’août 2008, selon les données du département du Commerce.

Cette situation renverse complètement la situation du mois précédent. Elle ne peut encore signaler un renversement de tendances. La poussée des exportations est avant tout attribuable à un bond des ventes d’aéronefs, segment industriel très volatile.

Néanmoins, le commerce extérieur avait freiné considérablement la croissance au deuxième trimestre qui a été limitée à 1,6%. Les chiffres de juillet sont de meilleur augure pour le troisième. «L’amélioration de la balance commerciale en juillet met un peu de baume après trois mois successifs de dégradation », estime Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins.

On ne peut en dire autant pour ce côté-ci de la frontière. Et la situation i ra s’empirant, si la demande intérieure américaine continue de s’affaiblir ou stagne dans le meilleur des cas.

Dans ces circonstances, la poursuite des investissements des entreprises revêt une haute importance pour accroître la productivité et la compétitivité des entreprises canadiennes, à terme, sur les marchés extérieurs. «En juillet, les quantités importées de machinerie et d’équipement ont monté à un taux annuel de 21%, note Marc Pinsonneault, économiste principal à la Banque Nationale. Cela renforce les commentaires de la Banque du Canada dans son communiqué de mardi sur la politique monétaire.»

L’activité manufacturière rebondit aux États-Unis

L’activité dans le secteur manufacturier américain a accéléré… (Photo: Darren Calabrese, PC)
L’activité dans le secteur manufacturier américain a accéléré sa hausse en août, l’indice ISM la mesurant étant monté à 56,3% contre 55,5% le mois précédent, selon des chiffres publiés par l’association professionnelle.

Agence France-Presse
Paris

L’activité manufacturière a rebondi aux États-Unis comme en Chine en août, tandis qu’elle ralentissait dans la zone euro sur la même période, même si des écarts importants persistaient entre les pays, selon les indices publiés mercredi.

L’activité dans le secteur manufacturier américain a accéléré sa hausse en août, l’indice ISM la mesurant étant monté à 56,3% contre 55,5% le mois précédent, selon des chiffres publiés par l’association professionnelle. Les analystes prévoyaient à l’inverse une baisse, à 52,9%.

C’est le treizième mois consécutif que cet indice se situe au-dessus de 50%, qui marque la limite entre contraction et expansion de l’activité, a relevé l’ISM.

«L’activité manufacturière a continué à croître à un taux très positif en août», a ajouté cette organisation de directeurs d’achat.

La composante de la production a progressé à 59,9% (contre 57,0% le mois précédent) et celle de l’emploi à 60,4% (contre 58,6%). En revanche, celle des nouvelles commandes a reculé à 53,1% (contre 53,5%).

Cette annonce a réjoui les marchés: la Bourse de New York qui avait déjà ouvert en nette hausse, accélérait après l’indice ISM, le Dow Jones gagnant 2,21% et le Nasdaq 2,45%.

En Chine, l’activité manufacturière est passée en août à 51,9 points contre 49,4 points en juillet, soit un plus haut depuis trois mois, selon l’indice des directeurs d’achat publié par la banque HSBC.

La baisse de juillet était la première en 16 mois. L’indicateur était alors tombé à 49,4 points contre 50,4 points en juin, passant pour la première fois sous le seuil de 50 points qui marque une croissance nulle.

«Le temps n’est pas encore venu d’ouvrir le champagne», a tempéré Brian Jackson, spécialiste des marchés émergents à la Banque Royale du Canada (RBC): «Nous nous attendons à ce que la Chine connaisse un ralentissement relativement modéré au cours du second semestre 2010, mais une demande plus faible en provenance des États-Unis et de l’Europe représente toujours un risque significatif durant les prochains mois».

En effet, dans la zone euro, la croissance de l’activité dans l’industrie manufacturière a ralenti en août, selon une estimation de l’indice des directeurs d’achats (PMI), baissant à 55,1 points en août, après 56,7 points en juillet. Des écarts importants persistent cependant entre les pays.

Même si le chiffre représente son plus bas niveau depuis six mois, c’est légèrement mieux que les premières prévisions qui donnaient un indice à 55 points.

«Le ralentissement attendu de l’industrie manufacturière de la zone euro par rapport aux forts taux de croissance enregistrés en début d’année a commencé», même si «le secteur reste à même d’apporter une importante contribution au PIB du troisième trimestre» a commenté Rob Dobson, économiste chez la société Markit qui réalise l’indice.

Par ailleurs, «la reprise reste inégale entre les différents pays de la zone euro», a-t-il ajouté.

En effet, la France et l’Allemagne continuent à afficher des performances bien supérieures à celles de leurs voisins européens, tandis que le «peloton de queue», incluant l’Espagne et l’Italie, n’enregistre qu’un rythme de croissance très modéré et que la Grèce «reste aux prises avec une récession tenace», souligne Markit.

Gaz de schiste – Des revenus qui arriveraient à point

* 30 août 2010
* La Presse Cahier A
* HÉLÈNE BARIL

Des revenus qui arriveraient à point

Avant de dire non, il faut analyser les coûts et les bénéfices du projet pour la société. »
— Luc Godbout, économiste

Le Québec n’est pas assez riche pour dire non à de nouvelles avenues de croissance, que ce soit le gaz de schiste, l’uranium ou un pipeline qui acheminerait le pétrole de l’Alberta à ses raffineries.

Luc Godbout, économiste et spécialiste des finances publiques, n’aime pas la façon dont évolue le débat sur le développement économique. « Avant de dire non, il faut analyser les coûts et les bénéfices du projet pour la société », dit-il.

Ce qu’il faut se demander, selon lui, c’est ce qu’on peut faire avec les revenus générés par un projet. «On a besoin de croissance économique pour maintenir nos services. Il y a deux sources de croissance économique: les gains de productivité et les nouvelles activités économiques comme le gaz de schiste. »

Vus de cette façon, les projets de développement économique sont plus faciles à justifier, croit-il. Si on les repousse, les revenus dont on a besoin devront venir d’ailleurs, c’est-à-dire des taxes et des impôts.

Bien encadré, le développement du gaz de schiste peut générer des revenus qui remplaceront par exemple une autre augmentation de la TVQ, illustre le professeur de l’Université de Sherbrooke.

Dans un monde idéal, la croissance proviendrait uniquement de l’économie du savoir, une activité moins polluante que le pétrole ou le gaz. Dans la réalité, ça ne se passe pas comme ça. « Si on n’exploite pas l’uranium qu’on a, d’autres pays l’exploiteront parce que la demande pour l’uranium ne disparaîtra pas », souligne-t-il.

La situation budgétaire du Québec n’est pas critique, selon le spécialiste, mais elle risque de le devenir rapidement avec le vieillissement de population.

Payant à quel point?

Avec les taux en vigueur ac tuel lement, le T ré sor québécois recevrait de 10 à 12,5% de la valeur de la production du gaz issu des schistes sous forme de redevances. Est-ce assez ?

Le niveau idéal des redevances est une question qui fait l’objet d’éternelles discussions, explique Joseph Doucet, professeur spécialisé dans les questions énergétiques à l’Université de l’Alberta.

« Le gouvernement doit concilier des objectifs contradictoires, soit de permettre à l’industrie de se développer, d’une part, et d’obtenir le maximum de revenus, d’autre part », explique-t-il.

Il estime que le régime albertain de redevances est « un peu trop généreux » envers l’industrie.

Dans le cas du gaz de schiste, une ressource répandue dans plusieurs provinces canadiennes et États américains, les entreprises iront là où les coûts d’exploitation sont les moins élevés, souligne Joseph Doucet. « Ça dépend du taux de redevance, mais aussi d’autres facteurs comme l’abondance de la ressource et la proximité des gazoducs pour acheminer le gaz vers les consommateurs.»

Si l’État est trop gourmand, les entreprises iront ailleurs. S’il ne l’est pas assez, ses ressources n’enrichiront pas la collectivité.

Si le Québec se retrouve au premier rang du classement des endroits préférés par l’industrie, comme celui publié par l’Institut Fraser, c’est probablement qu’il sera trop généreux, convient le professeur.

Le Québec a occupé la première place de ce classement pour l’industrie minière pendant trois ans. Les entreprises ont réussi pendant cette période à payer des redevances insignifiantes alors que leurs profits étaient très élevés. Le gouvernement de Jean Charest vient de corriger le tir, avec comme résultat que le Québec est passé du premier au troisième rang du classement.

S’il veut profiter davantage de sa ressource, le gouvernement peut toujours investir directement dans les entreprises qui l’exploitent, avec la Société générale de financement ou une autre société d’État. Le premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams, l’a fait avec le pétrole, au bénéfice de sa province.

C’est possible, mais pas idéal, croit le spécialiste albertain. « Nos gouvernements ne sont pas équipés pour investir dans ce genre de projets. Ils n’ont pas l’expertise nécessaire et ce n’est pas leur priorité. »

Les consommateurs retrouvent le chemin des magasins – La Presse Affaires

* 31 août 2010
* La Presse Affaires
* D’APRÈS AFP

Les consommateurs retrouvent le chemin des magasins

WASHINGTON — Les consommateurs américains ont retrouvé le chemin des magasins en juillet, apportant à l’économie un soutien modeste, mais bienvenu, au moment où la reprise donne des signes d’essoufflement.
PHOTO SHANNON STAPLETON, ARCHIVES REUTERS « Tant que les ménages continuent de dépenser, la reprise peut continuer sans faiblir, estime un économiste. En même temps, rien n’indique une reprise forte. »

Après un recul insensible en juin, les dépenses de consommation des ménages sont reparties en hausse, de 0,4% en rythme annuel par rapport au mois précédent (en données corrigées des variations saisonnières), selon des chiffres publiés hier à Washington par le département du Commerce.

C’est mieux que ne le prévoyaient les analystes, qui avaient estimé la hausse de la consommation à 0,3%, selon leur prévision médiane.

La hausse des dépenses a été supérieure à celle des revenus des ménages puisque, selon le Ministère, ceux-ci sont repartis en hausse, de 0,2%, ce qui est conforme à la prévision médiane des analystes, après avoir quasi stagné en juin.

Cependant, en soustrayant l’inflation, le Mouvement Desjardins estime que le revenu réel des Américains a en fait diminué de 0,1% (voir graphique).

Chiffres «corrects»

Après la multiplication d’indicateurs économiques mauvais ou décevants depuis un mois, le bon départ de la consommation au troisième trimestre dont témoignent les chiffres du Ministère est plutôt encourageant.

« Tant que les ménages continuent de dépenser, la reprise peut continuer sans faiblir», estime l’économiste Joel Naroff, de Naroff Economic Advisors.

Les nouveaux chiffres sont «corrects, sans plus», note-t-il néanmoins. «Les salaires augmentent et les gens achètent une grande palette de biens, il y a donc peu de raisons de penser que nous prenons le chemin d’une rechute».

«En même temps, ajoute-til, rien n’indique une reprise forte.»

Les chiffres indiquent que «la consommation continue son rétablissement, bien que celui-ci soit modeste, soutenue par une amélioration progressive des revenus du travail», juge Peter Newland, de Barclays Capital, qui parle d’un « début robuste de la consommation américaine au troisième trimestre».

Pour Ian Shepherdson, du cabinet d’analystes HFE, la progression des dépenses des ménages en juillet assure au minimum une hausse de la consommation de 1,3% pour les trois mois d’été.

Selon lui, ce seuil devrait être largement dépassé du fait de la progression continue des salaires, et la consommation pourrait progresser d’environ 2% au troisième trimestre, soit autant qu’au printemps.

La consommation est le moteur traditionnel de l’économie américaine. Mais du fait des difficultés financières auxquelles font face les ménages, ce n’est pas elle qui tire la reprise entamée à l’été 2009.

Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a indiqué clairement vendredi que les perspectives de l’économie américaine s’étaient détériorées récemment.

Emploi

L’une des clef de la reprise passe par l’amélioration du marché de l’emploi, qui permettrait de briser le cercle vicieux où chômage élevé, faible progression des salaires, crise du marché immobilier, conditions d’attribution du crédit restrictives, fragilité des banques et des PME, et faiblesse de la consommation et de la croissance s’alimentent mutuellement.

Après la publication des chiffres révisés du PIB, qui ont témoigné vendredi d’un net ralentissement de la croissance économique, passée de 3,7% au premier trimestre, à 1,6% au deuxième, économistes, investisseurs et hommes politiques attendent le rapport officiel sur l’emploi pour juillet, qui doit être publié vendredi.

Les pronostics ne sont guère optimistes, et les analystes tablent sur une hausse du taux de chômage de 0,1 point, à 9,6%.

Prévisions de croissance à la baisse – La Presse Affaires

* 27 août 2010
* La Presse Affaires
* RUDY LE COURS

Prévisions de croissance à la baisse
La faiblesse de l’économie américaine déteint sur la canadienne

«Les risques d’un retour en récession aux États-Unis et au Canada sont relativement faibles. Il faut tout simplement accepter de vivre avec des croissances plus modérées, le temps que les ajustements structurels se réalisent complètement.» — François Dupuis, économiste en chef de Desjardins, et son adjoint Yves St-Maurice

L’accumulation de données économiques décevantes conduit les économistes de Desjardins à réviser à la baisse leurs prévisions de croissance des États-Unis et du Canada pour l’année en cours et 2011. Ils maintiennent néanmoins leur scénario pour le Québec.

«Les risques d’un retour en récession aux États-Unis et au Canada sont relativement faibles, préviennent d’emblée François Dupuis, économiste en chef de l’institution lévisienne, et son adjoint Yves St-Maurice. Il faut tout simplement accepter de vivre avec des croissances plus modérées, le temps que les ajustements structurels se réalisent complètement.»

Plutôt optimistes en début d’été, ils réduisent de beaucoup leurs prévisions pour les États-Unis, où les vacillements de la reprise suscitent l’inquiétude.

Desjardins voyait un gain du PIB réel de 3,3% au deuxième trimestre. Les données préliminaires font état plutôt de seulement 2,4%. Washington doit publier une nouvelle estimation ce matin. Les experts s’attendent à un chiffre beaucoup plus faible, en raison d’une sous-évaluation du déficit commercial et d’une surévaluation du restockage des entreprises dans l’estimation initiale. Ed McKelvey, prévisionniste chez Goldman Sachs, voit 1,2% seulement et se qualifie d’optimiste.

C’est donc sans surprise que Desjardins ramène de 3,0% à 2,8% sa prévision de croissance de la première économie du monde cette année et de 2,8% à 2,4% en 2011.

Desjardins s’attend aussi à ce que la Réserve fédérale n’augmente pas son taux directeur avant 2012. Il évolue dans une fourchette de 0% à 0,25 % depuis l’automne 2008. La mollesse de la reprise américaine, apparue un trimestre avant l’atténuation du stimulus de relance adopté par Washington, se fait sentir aussi de ce côté-ci de la frontière.

Le commerce extérieur sera moins florissant tandis que le consommateur se montrera plus prudent même si le marché du travail reste beaucoup plus robuste de ce côté-ci de la frontière. Desjardins estime à près de 2,5% le gain du PIB au deuxième trimestre dont le chiffre officiel sera dévoilé mardi. «Malgré les récentes faiblesses, la production de l’économie canadienne est vraisemblablement demeurée au-dessus de son potentiel au deuxième trimestre », estiment MM. Dupuis et StMaurice. Voilà pourquoi ils s’attendent à une dernière hausse du taux directeur de la Banque du Canada, en septembre ou octobre. Le taux cible resterait par la suite à 1,0% jusqu’à l’été prochain.

À quelques poussières de 2,5 %, la croissance reste néanmoins moins forte qu’anticipé. Aussi la prévision de 2010 est-elle ramenée de 3,6% à 3,3% et de 3,0% à 2,7% pour l’an prochain.

En tête

Même avec ces prévisions moins reluisantes, le Canada devrait arriver à la tête des membres du G7 côté croissance, en 2010 et en 2011.

L’Institut de la statistique du Québec a indiqué hier que le PIB de la société distincte avait reculé de 0,1% en mai, effaçant le gain d’avril. Tant chez Desjardins qu’à la Banque Nationale, on estime que la situation s’est rétablie en juin et juillet. Le Québec devrait ainsi connaître une croissance modérée en seconde moitié d’année.

L’institution de la rue De La Gauchetière fait preuve d’un optimisme plus modéré avec une prévision de croissance de 2,5% cette année.

Chez Desjardins, on maintient un scénario de 3,0% et de 2,5% pour 2010 et 2011, mais les chiffres sont sous surveillance avec perspectives négatives, pour emprunter le jargon des agences de notation. « Il faudra cependant surveiller dans quelle mesure les incertitudes mondiales affecteront l’économie nordaméricaine, et incidemment le Québec», lit-on dans la Mise à jour des prévisions économiques et financières.

Desjardins n’hésite pas à réviser sa prévision pour l’Ontario qui passe de 3,9% à 3,6% en 2010 et de 2,8% à 2,6% en 2011. La faiblesse de l’économie américaine atténuera aussi la croissance des provinces productrices de pétrole et de gaz naturel.

DOLLARS CANADIEN ET AMÉRICAIN À PARITÉ

Le Dollar Canadien et Américain à parité – Lire l’article dans l’Express du 7 Avril

Le parc industriel de Granby s’en sort bien

Lire l’article de La Voix de l’Est du Samedi 3 Avril 2010

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