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BOMBARDIER TENTE SA CHANCE AU BRÉSIL

* 2 septembre 2010
* La Presse Affaires
* HÉLÈNE BARIL

BOMBARDIER TENTE SA CHANCE AU BRÉSIL
Des profits en baisse de 27% au deuxième trimestre

La venue prochaine de la Coupe du monde de football et des Jeux olympiques au Brésil a incité Bombardier à tenter sa première offensive importante dans la patrie de son concurrent Embraer. Sa division Transport est sur les rangs pour décrocher un contrat de train pour la ville de São Paulo.

PHOTO FOURNIE PAR BOMBARDIER

Bombardier est sur les rangs pour décrocher un contrat de train pour la ville de São Paulo. Il s’agit d’un monorail comme celui que l’entreprise construit pour Riyad, en Arabie Saoudite.

Il s’agit d’un monorail automatisé comme celui que Bombardier est en train de construire pour la ville de Riyad, en Arabie Saoudite, a précisé hier le président de la division transport, André Navarri.

Bombardier mise beaucoup sur le Brésil pour accroître sa présence encore timide sur le marché sud-américain. Le pays a augmenté son budget de dépenses d’infrastructures en prévision de la Coupe du monde de football en 2014 et des Jeux olympiques d’été de 2016.

La division Transport s’est associée à un partenaire brésilien, Queiroz Galvao, pour sa proposition à la ville de São Paulo. Trois autres entreprises convoitent ce contrat.

Par ailleurs, M. Navarri a indiquéqu’unepartieducontrat de 267 millions US confirmé hier avec la New Jersey Transit Corporation pour la construction de 100 voitures de trains de banlieue sera réalisée à l’usine de La Pocatière au Québec. Cette nouvelle fort attendue dans la région n’empêchera probablement pas les mises à pied prévues pour cet automne, en raison du retard dans l’attribution du contrat du métro de Montréal. « Il est trop tôt pour le savoir », a indiqué M. Navarri. La construction des voitures pour le New Jersey est prévue pour le printemps prochain.

Résultats décevants

Pour son deuxième trimestre qui a pris fin le 31 juillet, Bombardier affiche des résultats qui ont été jugés décevants par les analystes. Les profits sont en baisse de 27%, à 148 millions US (8 cents US par action) et les revenus ont diminué de 17%, à 4,1 milliards US.

Le recul de la rentabilité est attribuable à des revenus plus faibles de la division transport et à des marges plus étroites dans le même secteur, constate l’analyste Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins.

L’analyste s’attendait à ce que ces résultats fassent baisser le titre mais c’est le contraire qui s’est produit.

Dans un marché haussier, l’action de Bombardier a pris 3,6 %, à 4,60 $, à la Bourse de Toronto. Depuis un an, le titre a varié entre 3,78 $ et 6,24 $.

La division aéronautique continue de souffrir de l’incertitude économique, a expliqué le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, lors d’une conférence téléphonique.

Lentement, le marché commence à s’améliorer, estime le président de la division Aéronautique, Guy Hachey. Les annulations sont en baisse et le carnet de commandes pour tous les types d’appareils était de 17,1 milliards US au 31 juillet, comparativement à 16,7 milliards US au 31 janvier.

Même si l’entreprise n’a pas récolté de nouvelles commandes pour son nouvel appareil CSeries au dernier Salon de l’aéronautique de Farnborough, le programme progresse comme prévu, assurent ses dirigeants.

Bombardier Aéronautique discute actuellement avec 65 clients intéressés par la CSeries, a fait savoir Guy Hachey. Les discussions avec cinq de ces clients potentiels sont très avancées et devraient aboutir dans les prochains mois, a-t-il précisé.

Avec 90 commandes fermes à 42 mois de sa mise en service, la CSeries n’est pas en retard comparativement aux autres programmes lancés par Bombardier, a assuré la direction.

L’INDE, FUTURE USINE DU MONDE – La Presse Affaires

* 23 août 2010
* La Presse Affaires
* RICHARD DUPAUL

L’INDE, FUTURE USINE DUMONDE
LA PLANÈTE ÉCONOMIQUE

Quelque 80 millions de jeunes gonfleront les rangs de la population en âge de travailler en Inde à mesure que les campagnes se vident et que le pays s’industrialise. Un peu plus de la moitié se joindra au secteur des services, selon l’Organisation internationale du travail.

Forte d’une main-d’oeuvre jeune qui dépassera celle, vieillissante, de la Chine d’ici 10 à 15 ans, l’Inde peut aspirer à devenir la prochaine usine de la planète.

PHOTO SAM PANTHAKY, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

L’Inde compte beaucoup de travailleurs compétents, surtout dans l’industrie des services informatiques où elle est à la pointe mondiale. La main-d’oeuvre indienne est aussi abondante, anglophone souvent, bon marché et – surtout – elle est jeune.

Les japonais Honda et Nissan, les français Michelin et Renault, l’italien Piaggio… Rarement une semaine s’écoule, depuis quelque temps, sans qu’un constructeur/fournisseur de l’industrie automobile ne s’installe en Inde ou n’annonce la construction d’une nouvelle usine.

Ils y vont pour profiter de l’armée grandissante d’automobilistes dans ce pays de 1,1 milliard d’habitants. Certes. Mais les géants de l’auto sont aussi attirés par d’autres choses que le marché domestique indien.

D’abord, la troisième économie asiatique a beaucoup de travailleurs compétents, c’est bien connu, surtout dans l’industrie des services informatiques où elle est à la pointe mondiale. Or, la main-d’oeuvre indienne est aussi abondante, anglophone souvent, bon marché et – surtout – elle est jeune.

La jeunesse, c’est de l’or pour les fabricants occidentaux, qui voient la force ouvrière vieillir dans leur pays d’origine.

Trois du dix

Au plan démographique, peu de pays peuvent rivaliser avec l’Inde. C’est nulle autre que l’Organisation internationale du travail (OIT) qui le dit, dans une récente étude.

D’ici 2020, environ 30% des arrivants sur le marché mondial du travail seront indiens, prédit l’OIT. Trois nouveaux travailleurs sur dix, à l’échelle de la planète!

Quelque 80 millions de jeunes gonfleront ainsi les rangs de la population en âge de travailler en Inde à mesure que les campagnes se vident et que le pays s’industrialise. Un peu plus de la moitié (45 millions) se joindra au secteur des services, selon l’OIT. Les autres frapperont à la porte des usines dans l’espoir de dénicher un boulot.

La firme Goldman Sachs voit la même chose dans sa boule de cristal, ajoutant que les prévisions de l’OIT sont peutêtre conservatrices si l’on tient compte de l’arrivée des femmes sur le marché du travail.

Car à 33% actuellement, le taux d’activité féminin en Inde reste l’un des plus faibles d’Asie. Tandis que l’économie locale repose aujourd’hui sur une main-d’oeuvre essentiellement masculine, tout indique que les choses sont en train de changer, dit Goldman Sachs dans une étude.

Le taux d’alphabétisation des femmes, par exemple, progresse rapidement en Inde, étant passé de 38% à 52% de 2000 à 2007. De plus, une nouvelle loi, garantissant le droit à l’éducation pour tous, est entrée en vigueur le 1er avril. Elle devrait donc favoriser les filles.

La Chine vieillit

Pendant ce temps, le grand rival de l’Inde vieillit. Rapidement.

Aujourd’hui, 176 millions de Chinois – ou près de 13% de la population – ont plus de 60 ans, selon des chercheurs américains et européens.

Or, en 2020, la Chine comptera 248 millions d’habitants de plus de 60 ans, conséquence de la politique de l’enfant unique implantée en 1979. Les «têtes grises» représenteront alors 17% de la population, et en 2050 environ 24% – ou près d’un Chinois sur quatre, estime le Center for Strategic and International Studies, à Washington.

En comparaison, moins de 6% de la population en Inde a plus 60 ans. Sur le plan démographique, les Indiens ont donc un avantage énorme sur les Chinois.

Pour le moment, la Chine est sans contredit la locomotive de l’économie mondiale. Mais la machine chinoise prend de l’âge et risque de ralentir avec le temps.

Si bien que, d’ici 2015, l’Inde afficherait la plus forte croissance économique parmi tous les grands pays, surpassant même à ce chapitre la comète chinoise, prédit la firme Morgan Stanley. D’ici deux ans, l’économie indienne pourrait même croître au même rythme que celle de la Chine, avance l’économiste Chetan Ahya, dans une entrevue avec Bloomberg.

Investissements en R&D et en infrastructures, consommation croissante et une maind’oeuvre jeune et compétente seront les moteurs de la croissance indienne dans l’avenir, soutiennent les experts de Morgan Stanley.

Le monde des affaires semble d’ailleurs y croire: selon les derniers chiffres disponibles, les investissements étrangers en Inde ont doublé depuis un an. Et ils devraient surpasser cette année le record (17 milliards US) atteint avant la crise financière, d’après des analystes.

«India means business», disait récemment un analyste à Wall Street. L’industrie automobile est certainement d’accord avec cela.

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